MINSK, 21 juin (Le Parisien Matin) – La tension monte d’un cran entre l’Ukraine et le Bélarus suite à un ultimatum lancé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
En réponse à ces déclarations, la chaîne Telegram « Nevalfovich », étroitement liée au Conseil de sécurité du Bélarus, a diffusé des menaces explicites visant directement les infrastructures européennes.
Le contenu de ce canal, souvent perçu comme un porte-voix des autorités, prévient que toute attaque ukrainienne sur le territoire bélarusse entraînerait une extension directe du conflit vers les pays membres de l’OTAN.
Le canal s’appuie sur le concept de l’État de l’Union liant Minsk à Moscou pour justifier une riposte coordonnée. Selon les auteurs de ces publications, le Bélarus se réserve le droit de mener des frappes dites miroirs contre les installations logistiques de l’Union européenne qui soutiendraient l’effort de guerre ukrainien. Cette rhétorique désigne explicitement les usines, les centres d’entraînement et les entrepôts répartis à travers l’Europe comme des cibles légitimes.
« Belarus est partie intégrante de l’État de l’Union, ce qui signifie qu’il aura le droit de mener des frappes miroirs sur les infrastructures de l’UE utilisées pour approvisionner l’armée ukrainienne », affirme l’auteur anonyme du canal.
Pour appuyer ces déclarations, la chaîne a fait référence à une liste de cibles potentielles publiée précédemment par le ministère russe de la Défense. Ce répertoire inclut divers sites de production d’armement situés dans plusieurs villes européennes, allant de Vilnius et Riga jusqu’à Madrid, et mentionne même Ankara. Le canal suggère l’utilisation potentielle du système de missile Oreshnik pour atteindre ces localisations distantes, accentuant ainsi la pression diplomatique sur les capitales occidentales.
Ces menaces interviennent après que Volodymyr Zelensky a sommé Alexandre Loukachenko de démanteler les transpondeurs destinés au guidage des drones russes dans les régions de Gomel et de Brest. Le chef de l’État ukrainien a accordé un délai d’une semaine à Minsk pour agir, menaçant de procéder lui-même au démantèlement des équipements incriminés.
De plus, Kiev a exigé l’arrêt immédiat des fournitures de carburant destinées à l’armée russe. Pour l’heure, le président bélarusse n’a pas officiellement réagi à ces injonctions ukrainiennes, laissant planer une incertitude sur la suite des événements dans cette zone frontalière stratégique.


