BERLIN, 10 août (Le Parisien Matin) – L’Allemagne a durci sa position sur les retours de migrants et a exigé la reprise des transferts vers l’Italie et la Grèce après l’entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l’asile le 12 juin, a rapporté lundi l’agence ANSA.
Berlin lie le pacte au respect de Dublin
Un porte-parole du ministère allemand de l’Intérieur a déclaré à l’agence que le fonctionnement du système Dublin était « une condition indispensable » pour le succès du Régime d’asile européen commun. Il a ajouté que Berlin attendait la reprise des transferts vers l’Italie et la Grèce à compter de cette date. Le règlement prévoit que les demandes d’asile soient traitées dans le premier pays d’entrée.
Des sources du ministère italien de l’Intérieur ont affirmé qu’il n’y avait « pas de migrants Dublin à reprendre d’Allemagne ». Elles ont estimé que tous les migrants arrivés avant le 12 juin et ayant rejoint un autre État membre avaient été apurés dans le cadre d’accords conclus en décembre 2025. Pour les cas postérieurs, elles ont jugé qu’il était « encore trop tôt » pour établir leur présence ailleurs, car « trop peu de temps s’est écoulé pour l’établir ».
Une compensation réclamée pour les ONG
Pour les arrivées postérieures au 12 juin, Rome a indiqué qu’elle défendrait un « mécanisme de compensation ». Les sources ont précisé que ce mécanisme devait tenir compte des migrants débarqués en Italie à bord de navires d’ONG battant pavillon européen. Le nouveau pacte a introduit des règles plus strictes sur les mouvements secondaires, source de friction entre Rome et Berlin.
Berlin a notifié le transfert vers l’Italie d’une Somalienne de 22 ans prévu le 19 août. L’Allemagne avait adressé la requête en juin et l’Italie n’avait pas répondu dans les deux semaines. Le mécanisme d’« approbation tacite » s’est alors déclenché et a finalisé le transfert. Selon une revue du 16 juillet, 12 demandes furent envoyées à Rome entre le 12 juin et le 7 juillet et furent toutes rejetées.
La Grèce s’est montrée plus coopérative. Elle a créé une nouvelle unité Dublin de près de 1 000 agents et a traité huit demandes. Les arrivées maritimes ont reculé de 34 %. Athènes a averti qu’elle ne pourrait pas absorber des retours massifs.


