BRUXELLES, 13 juillet (Le Parisien Matin) – L’Union européenne et le Royaume-Uni ont imposé lundi une série de sanctions coordonnées contre des cybercriminels, des officiers du renseignement militaire et des pirates informatiques liés à la Russie. Cette riposte conjointe vise à sanctionner des opérations numériques destinées à déstabiliser les infrastructures critiques et les institutions démocratiques européennes.
Le Conseil européen a gelé les avoirs et interdit de séjour neuf individus ainsi que quatre entités physiques et morales. De son côté, le gouvernement britannique a ajouté vingt-quatre noms à sa liste noire cybernétique dans le cadre de cet effort commun. Les sanctions visent notamment des officiers de l’agence de renseignement militaire russe du GRU et le centre d’espionnage Centre 16 du FSB.
Des piratages étatiques et des entreprises privées fournissant un appui technique à ces activités numériques figurent également sur la liste. Les autorités européennes ont recensé une tentative d’attaque contre le réseau électrique polonais qui aurait pu priver d’électricité cinq cent mille citoyens en plein hiver. Un groupe de piratage sanctionné a également été directement lié à des tentatives de déstabilisation lors des Jeux olympiques de Paris en 2024.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que ces attaques ciblaient des ministères, des entreprises et des opérateurs de services,
« visant soit à capturer des informations, soit à saboter des opérations, par exemple des infrastructures ferroviaires, comme ce fut le cas en Pologne ».
Des campagnes d’espionnage agressives menées sur plusieurs années ont affecté les réseaux gouvernementaux de la France, de l’Allemagne, de la Pologne, de Chypre, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Slovaquie, de la Roumanie et de la Finlande. Le centre Centre 16 du FSB est accusé par les services occidentaux d’utiliser des logiciels malveillants depuis des décennies pour espionner divers pays.
L’Union européenne a inscrit l’application de médias sociaux VKontakte et sa filiale Communication Platform LLC sur sa liste de sanctions. Ces entités ont été sanctionnées pour leur rôle dans le développement de l’application MaxApp, gérée sous la supervision du service de sécurité du FSB. Cette application préinstallée sur les smartphones vendus en Russie a servi à réprimer les critiques de la guerre en Ukraine.
Les entreprises Citadel, VAS Experts et Norsi-Trans ont aussi été frappées par des mesures restrictives. Ces sociétés conçoivent et vendent des matériels de surveillance permettant de contrôler les appels téléphoniques, les courriels, les messages textuels et les réseaux sociaux. Ce système de surveillance cible directement des journalistes, des opposants politiques, des groupes minoritaires et des citoyens ordinaires.
Ce déploiement dans le domaine de la cybersécurité s’inscrit en parallèle du Régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme. Des mesures distinctes gèlent systématiquement les avoirs européens d’acteurs étatiques, de magistrats et de responsables pénitentiaires russes impliqués dans la répression interne et la persécution des dissidents politiques.


