WASHINGTON, 13 juillet (Le Parisien Matin) – L’administration Trump a lancé une vaste campagne diplomatique afin d’isoler la Cour pénale internationale et de soustraire les personnels américain et israélien à sa juridiction. Initiée par le secrétaire d’État Marco Rubio, cette offensive cherche à contraindre les nations alliées à rejeter formellement l’autorité du tribunal basé à La Haye.
Washington s’appuie sur ses alliances militaires et sécuritaires pour contraindre ses partenaires étrangers à faire un choix politique. La démarche cible en priorité les pays hébergeant des bases américaines ou bénéficiant de l’aide de Washington. Les gouvernements qui poursuivront leur coopération avec l’instance judiciaire internationale s’exposent à des répercussions directes. Un fonctionnaire du département d’État a indiqué sous couvert d’anonymat que les pays récalcitrants feraient l’objet d’une surveillance accrue.
« Le CPI n’a aucune juridiction sur les ressortissants américains, où que ce soit dans le monde, et toute tentative d’exercer une telle autorité est illégitime, illégale et constitue un affront direct à la souveraineté des États-Unis »
A écrit Todd Blanche, le procureur général par intérim des États-Unis, dans une lettre adressée à la présidente du tribunal.
Cette campagne d’isolement prolonge des sanctions économiques décrites dans un décret exécutif de février 2025. Les mesures prévoient le gel des avoirs de neuf hauts responsables de la juridiction, dont le procureur en chef Karim Khan, ainsi que des annulations de visas.
La procureure adjointe Nazhat Shameem Khan s’est ainsi vue refuser l’entrée sur le sol américain, ce qui l’a empêchée de s’adresser directement au Conseil de sécurité des Nations unies à New York. Les sanctions visent également trois organisations palestiniennes de défense des droits humains Al-Haq, Al-Mezan et le Centre palestinien pour les droits de l’homme sanctionnées pour leur participation aux enquêtes sur les actions israéliennes à Gaza.
L’exécutif américain justifie cette fermeté par la volonté de protéger ses dirigeants et ses partenaires stratégiques. La décision du tribunal d’émettre des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant a provoqué la colère des autorités américaines.
Washington cherche également à prévenir toute reprise des enquêtes portant sur des crimes de guerre présumés commis par les troupes américaines en Afghanistan, tout en protégeant ses propres hauts responsables politiques et militaires contre de futures poursuites internationales.
Face à cette offensive, l’institution internationale maintient la légitimité et l’indépendance de ses procédures. En réponse aux sanctions imposées par Washington, trois juges du tribunal ont déposé une plainte fédérale à Manhattan. Magistrats et juristes dénoncent des mesures de coercition extrajudiciaires visant à entraver l’exercice de la justice internationale. Malgré ces fortes pressions, la juridiction confirme la poursuite de ses travaux concernant les situations sous sa responsabilité.


