WASHINGTON, 13 juillet (Le Parisien Matin) – Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que les États-Unis allaient probablement prendre le contrôle du détroit d’Ormuz et exiger un remboursement financier auprès des nations alliées pour sécuriser ce passage maritime névralgique. S’exprimant lors d’un entretien téléphonique sur Fox News, le dirigeant américain a proposé de transformer les forces armées des États-Unis en ange gardien de cette voie navigable.
« Nous allons garder le détroit, et nous allons probablement le gérer »
A affirmé Donald Trump durant l’interview.
Le président a soutenu que les pays tiers bénéficiant du passage possèdent des richesses importantes et doivent indemniser Washington pour l’exposition de ses troupes aux dangers.
Donald Trump a accusé l’Iran d’avoir rompu l’accord d’étape de soixante jours signé le mois dernier pour rouvrir le passage maritime et suspendre les hostilités. Le chef d’État américain a précisé que les ententes précédentes avec Téhéran avaient été violées, justifiant une riposte militaire rigoureuse des forces armées des États-Unis.
Le détroit d’Ormuz constitue un itinéraire indispensable pour l’approvisionnement énergétique mondial, et le blocage instauré par l’Iran provoque une hausse des prix du pétrole. Les perturbations logistiques observées dans le corridor maritime entraînent des inquiétudes quant à une reprise globale des tensions inflationnistes sur les marchés internationaux.
Téhéran avait annoncé la fermeture officielle du passage maritime samedi à la suite d’un transit jugé non autorisé par ses services de sécurité navale. Les autorités iraniennes ont indiqué dimanche que la navigation demeurait suspendue et que l’octroi de nouveaux permis interviendrait uniquement après le rétablissement du calme.
Les Gardiens de la révolution iranienne ont affirmé lundi que la reprise du trafic régulier nécessitait l’arrêt immédiat des interventions militaires américaines dans la zone. L’armée idéologique iranienne a averti qu’une ingérence continue de Washington entraînerait des incidents accrus dans le secteur mondial du pétrole et du gaz.
Les forces armées américaines et iraniennes ont échangé d’importantes frappes de missiles et de drones tout au long du week-end et durant la journée de lundi. L’armée américaine a mené des attaques ciblant des installations de défense aérienne, des unités de radars côtiers et des sites de lancement de missiles iraniens.
En réplique, l’Iran a lancé des salves de drones et de projectiles contre des bases militaires américaines au Bahreïn, en Jordanie, au Koweït et en Oman. Des tirs américains survenus lundi ont fait deux morts et trois blessés dans le sud-ouest de l’Iran, près de la ville d’Abadan, selon les agences Fars et Tasnim.
Les médias iraniens ont également rapporté des bombardements touchant la province de Sistan-et-Baloutchistan dans la même période. Le volume de navires citernes traversant le passage névralgique est tombé lundi à son niveau le plus bas depuis deux mois, selon l’analyse de Kpler.
La baisse du trafic des navires de transport de gaz et de pétrole enregistrée dans cette zone représente le chiffre le plus faible mesuré depuis mai. Le courtier maritime Gibson a souligné qu’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz associée à l’épuisement des stocks mondiaux aggraverait les tensions d’approvisionnement.
La firme a averti que cette situation générerait des risques importants pour le marché des pétroliers tout en maintenant une pression à la hausse sur l’énergie. Dimanche matin, Donald Trump avait soutenu que le détroit restait ouvert au commerce, bien que Téhéran eût déclaré la fermeture après le ciblage d’un navire.
Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir arraisonné deux navires en interrompant leurs systèmes électroniques de bord au cours de la nuit précédente. Une base appartenant au Parti de la liberté du Kurdistan, groupe d’opposition kurde iranien basé dans le nord de l’Irak, a subi une attaque de drone lundi.
Le commandant Rebaz Sharifi a confirmé que les frappes avaient ciblé la base de Chamshar sans préciser le bilan exact des dégâts ou des victimes. Le Secrétaire général des Nations unies António Guterres s’est exprimé dans un communiqué officiel pour avertir qu’un retour à des hostilités à grande échelle entraînerait des conséquences catastrophiques.


