BRUXELLES, 14 juillet (Le Parisien Matin) – L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) a rétabli et considérablement renforcé ses directives de sécurité concernant les vols survolant le Moyen-Orient.Face à la reprise brutale des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, l’organisme européen demande désormais aux compagnies aériennes d’éviter totalement les espaces aériens de Bahreïn, du Koweït, du Qatar, des Émirats arabes unis ainsi que du golfe d’Oman.
Cette décision, qui fait suite à une escalade rapide des tensions militaires dans la région, impose une restriction stricte sur toutes les altitudes de vol jusqu’au 29 juillet 2026.
Le bulletin d’information sur les zones de conflit publié par l’EASA souligne un risque élevé pour l’aviation civile. L’agence pointe directement la possibilité d’une exposition aux attaques par missiles balistiques et drones visant des installations militaires américaines présentes dans ces pays. Un autre facteur critique mentionné est le danger de mauvaise identification des aéronefs civils par les systèmes de défense aérienne qui sont actuellement en état d’alerte maximale dans toute la zone.
Cette nouvelle directive vient se greffer à une autre mesure existante qui ordonne déjà aux transporteurs de contourner l’Iran, l’Irak et le Liban jusqu’au 31 août 2026. La situation s’est détériorée en quelques jours seulement après la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran et le rétablissement d’un blocus naval sur les navires iraniens par Washington.
« La présence de major US military facilities in the region increases the likelihood that the states covered by this Conflict Zone Information Bulletin may be directly exposed to Iranian missile and drone attacks »
A déclaré l’agence dans son communiqué officiel.
Cette consigne de sécurité provoque une réorganisation massive des plans de vol pour les transporteurs européens. Les liaisons reliant l’Europe à l’Asie et au Moyen-Orient sont contraintes d’emprunter des corridors plus longs, ce qui alourdit considérablement le temps de trajet et augmente la consommation de carburant. Les services de répartition des compagnies aériennes travaillent actuellement au recalcul des temps de bloc, des aéroports de dégagement et des limites de service des équipages.
Les hubs majeurs de la région, comme ceux des Émirats, sont particulièrement touchés par ces reroutages tactiques. Bien que ces mesures ne constituent pas une fermeture officielle de l’espace aérien décrétée par les autorités locales, elles obligent les opérateurs aériens sous réglementation européenne à exclure ces secteurs de leurs plans de vol. La gestion des connexions et des créneaux horaires devient un défi opérationnel pour les centres de contrôle des réseaux, qui doivent protéger la fluidité des transferts malgré une fenêtre de manœuvre très réduite.
La validité de cette directive court officiellement jusqu’au 29 juillet 2026. L’EASA maintient néanmoins une veille constante et se réserve le droit de réviser ce bulletin plus tôt si la situation sécuritaire évolue favorablement. Pour les passagers, les répercussions se traduisent par des retards potentiels et une nécessaire vérification du statut des vols auprès des compagnies aériennes.
Les autorités nationales de l’aviation des pays concernés conservent la juridiction sur leurs propres infrastructures aéroportuaires et la gestion locale de leur espace, mais les transporteurs européens ont l’obligation de se conformer aux consignes de sécurité édictées par l’agence européenne. La flexibilité des opérateurs sera cruciale dans les prochains jours pour maintenir la continuité des services tout en garantissant la sécurité des passagers dans un ciel devenu extrêmement complexe à naviguer.


