PARIS, 15 juillet (Le Parisien Matin) – La Direction générale de l’armement (DGA) a officiellement validé l’intégration d’un nouveau système de lutte anti-drones sur les avions de combat Rafale. Ce dispositif permet désormais aux chasseurs français de neutraliser des drones de type Shahed grâce à des roquettes guidées laser, renforçant ainsi la capacité de défense aérienne face aux menaces émergentes.
L’évolution des conflits modernes impose aux forces aériennes d’adapter leurs vecteurs de combat. Alors que les avions de chasse étaient traditionnellement dédiés à la supériorité aérienne ou aux frappes au sol, ils doivent désormais assurer une protection contre les drones, souvent lents et peu coûteux. Cette adaptation, baptisée LADAC (Lutte Anti-Drone sur Avion de Combat), répond au besoin d’intercepter ces appareils le plus loin possible du théâtre d’opérations.
Le développement de ce programme a été mené avec une rapidité exemplaire. La validation du système a été obtenue en seulement huit mois après le lancement des travaux. Ce calendrier serré souligne la volonté de Paris de déployer rapidement une solution équilibrée, capable de traiter des cibles aériennes sans mobiliser systématiquement les coûteux missiles air-air traditionnels, comme le MICA.
Le dispositif repose sur l’utilisation de roquettes de 68 mm, un armement déjà éprouvé sur les hélicoptères Tigre de l’armée de Terre. Le système intègre plusieurs composants clés fournis par Thales. Le Rafale emporte des nacelles de lancement Telson JF12, capables de contenir jusqu’à 12 roquettes Aculeus à guidage laser. La détection et le suivi de la cible sont assurés par le pod de désignation laser TALIOS, couplé au radar AESA de l’appareil.
L’intégration a nécessité des modifications logicielles complexes pour permettre au radar de détecter et d’isoler des objets de petite taille évoluant à basse vitesse.
« Le système a déjà atteint une capacité opérationnelle initiale, permettant d’engager des cibles à une fraction du coût des missiles air-air traditionnels »
Précise le ministère des Armées.
Depuis février 2026, la DGA, en collaboration avec le Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM), Dassault Aviation et Thales, a multiplié les tests. Ces essais ont couvert l’ensemble de la chaîne de tir : de la détection radar initiale jusqu’au tir réel contre des drones cibles. Les ingénieurs ont également évalué l’impact de ces nacelles sur les caractéristiques de vol de l’avion ainsi que la résilience du système face à des conditions de guerre électronique active.
Les livraisons des premières unités opérationnelles débutent dès ce mois de juillet 2026. Cette montée en puissance permet à la France de s’aligner sur les tendances observées chez ses alliés de l’OTAN, qui intègrent également des solutions similaires sur leurs appareils pour contrer les menaces disruptives.


