RABAT, MAROC, 16 juillet (Le Parisien Matin) – Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a achevé une visite officielle de deux jours au Maroc, marquée par la signature de 14 accords de coopération visant à approfondir le partenariat stratégique entre Paris et Rabat. Ce déplacement, le premier à l’étranger pour le chef du gouvernement, vise à traduire le rapprochement diplomatique observé depuis 2024 en engagements économiques concrets.
Au cœur des discussions, le renforcement de l’interconnexion énergétique entre l’Europe et l’Afrique du Nord occupe une place prépondérante. La France et le Maroc ont officiellement lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la construction d’un projet de liaison électrique sous-marine. Cette infrastructure ambitionne de relier les réseaux des deux continents tout en soutenant les objectifs de transition énergétique régionaux.
L’objectif est d’identifier des solutions viables pour l’exportation d’électricité renouvelable produite au Maroc vers le territoire français. Sébastien Lecornu a souligné que ces initiatives s’inscrivent dans une volonté de créer des synergies industrielles durables. Cette intégration des chaînes de valeur partagées permet de renforcer la résilience économique des deux nations face aux enjeux climatiques.
La visite a permis de réactiver la 15e Réunion de Haut Niveau Maroc-France, un mécanisme institutionnel suspendu depuis 2019. Ce dialogue renouvelé s’appuie sur la décision de la France, prise en 2024, de soutenir le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, mettant fin à une période d’ambiguïté diplomatique. Les deux pays cherchent désormais à transformer cette convergence politique en une coopération opérationnelle sur le long terme.
Outre les volets économiques, les discussions ont porté sur la coordination sécuritaire, incluant la lutte antiterroriste, les études maritimes et la gestion concertée des flux migratoires en Afrique de l’Ouest. Le Premier ministre marocain, Aziz Akhannouch, a insisté sur le fait que ce nouveau partenariat repose sur une vision stratégique commune et une confiance mutuellement restaurée.
Le volet transport a également connu des avancées significatives. L’Agence française de développement a finalisé un accord de prêt pour financer le projet de train express régional de Rabat. Parallèlement, le succès de la coopération ferroviaire est illustré par les contrats obtenus par l’entreprise française Alstom concernant l’extension de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech. Ces projets visent à structurer la mobilité urbaine et interurbaine marocaine tout en consolidant les liens industriels avec la France.
Ce déplacement diplomatique a toutefois été entravé par la publication de nouvelles informations concernant le logiciel espion Pegasus. Un consortium de médias, incluant Le Monde, a rapporté que des traces de ce logiciel, attribué aux services marocains, auraient été détectées sur les téléphones de plusieurs ministres français, dont celui de Sébastien Lecornu lui-même.
Ces révélations ont forcé un ajustement du protocole. Alors qu’une conférence de presse commune était prévue au terme des échanges, les deux dirigeants ont finalement opté pour des déclarations brèves, sans se soumettre aux questions des journalistes présents. Le gouvernement marocain a, de son côté, fermement rejeté ces allégations, réclamant des preuves tangibles face à ces accusations récurrentes depuis 2021. Malgré ce contexte, les autorités des deux pays maintiennent le cap sur l’approfondissement de leur coopération multisectorielle.


