KINSHASA, 16 juillet (Le Parisien Matin) – Une équipe internationale de chercheurs a officiellement identifié une nouvelle espèce de primate dans les forêts tropicales de la République démocratique du Congo (RDC). Publiée dans la revue scientifique PLOS One, cette découverte concerne le Colobus congoensis, surnommé localement « Likweli » par les populations locales. Il s’agit seulement de la cinquième nouvelle espèce de singe documentée sur le continent africain au cours des 75 dernières années.
Ce petit primate se distingue par sa fourrure noire brillante, ses pommettes gris ardoise et une tache orangée entourant sa bouche et son nez, ce qui lui donne l’apparence d’un masque. Il possède également une marque blanche sur le bas du dos. Outre son aspect visuel, l’animal produit un rugissement grave d’une structure acoustique unique qui le différencie nettement des autres colobes. Les analyses ADN montrent qu’il s’agit d’une lignée ancienne ayant divergé du colobe noir d’Afrique de l’Ouest il y a 4 à 5 millions d’années.
Observé principalement dans le parc national de Lomami, le Likweli s’est avéré particulièrement insaisissable pour les scientifiques.
« Découvrir une espèce signifie enregistrer et confirmer officiellement qu’elle a évolué pour devenir génétiquement distincte »
Explique Junior Amboko, chercheur à l’Université Florida Atlantic.
Lorsqu’ils sont approchés, ces singes préfèrent se retirer plus haut dans la canopée pour observer tranquillement au lieu de s’enfuir.
L’espèce évolue sur un territoire isolé d’environ 1 700 kilomètres carrés, délimité par des barrières naturelles comme les rivières. En raison de cette aire de répartition très limitée et des menaces liées à la chasse illégale et à la perte d’habitat, les chercheurs préconisent son classement comme espèce en danger sur la liste rouge de l’UICN.


