BRÉGANÇON, 14 août (Le Parisien Matin) – Emmanuel Macron a été photographié en train de pratiquer le jet-ski et le surf foil au large du fort de Brégançon, en plein été marqué par des canicules à répétition et des incendies majeurs. La parution d’un reportage dans Paris Match a déclenché une polémique politique, nourrie principalement par la gauche.
Le magazine a publié une série de clichés montrant le chef de l’État s’adonnant à des sports nautiques. La une le montra en jet-ski, une autre image le montra en surf foil dans les eaux varoises.
Le reportage rappela d’autres séquences similaires captées lors des précédents séjours estivaux à la résidence présidentielle. Il intervint alors que la France traversa une succession d’épisodes caniculaires et de feux de forêt.
Sur la même couverture figura également Raphaël Glucksmann embrassant sa compagne Léa Salamé sur une plage corse, prélude à un article sur ses décisions politiques à venir.
Des vacances décrites comme studieuses
L’article accompagnant les photos décrivit ces vacances comme « Studieuses », selon Paris Match. Il évoqua un bureau extérieur installé à la pointe du fort, avec une table, un petit réfrigérateur et une machine à café.
Le quotidien du président fut présenté comme rythmé par des échanges téléphoniques permanents. Le magazine indiqua que,
« ses journées le président les passe au téléphone ».
selon Paris Match.
Son entourage expliqua que les incendies demeurèrent une préoccupation constante. Le président attendit que l’incendie qui ravagea la Gironde fût stabilisé pour se rendre sur la côte varoise le 29 juillet.
Il s’invita ensuite dans le dossier de la Fifa en appelant directement Gianni Infantino pour protester contre l’ouverture du capital à des investisseurs privés, un projet finalement abandonné. Il multiplia les échanges avec des dirigeants étrangers sur l’Iran et prépara la visite du Pape prévue fin septembre.
Face à la controverse, l’entourage présidentiel fit savoir que le photographe n’avait bénéficié d’« aucun accès autorisé », selon l’entourage. Il déplora que « Il y a des photos volées du président tous les ans depuis 9 ans », selon l’entourage.
La présidence rappela que le séjour fut également rythmé par la pratique de la boxe et de la course à pied, sans détailler davantage l’agenda officiel.

Une offensive politique venue de la gauche
Les critiques les plus directes vinrent de la gauche. Marine Tondelier dénonça un « été apocalyptique» et estima que,
« notre président s’offre donc un publireportage sur ses vacances dans Paris Match ».
selon Marine Tondelier.
Elle ironisa :
« Emmanuel Macron : ’’vous avez vu mon gros jet ski comme il va vite ?’’ ».
Olivier Faure déclara :
« Pendant la canicule, quand la France brûle, quand une partie des Français n’a pas pu partir en vacances, le président s’amuse en jet ski à Brégançon. C’est ça le message ? C’est très réussi ».
Pierre Ouzoulias affirma que « C’est la politique comme je ne l’aime pas », selon Pierre Ouzoulias. Il ajouta qu’il aurait préféré que le président « soit dans un camion de pompiers à aider les pompiers pour éteindre l’incendie. Ça aurait été sa place », selon Pierre Ouzoulias.
Il déclara aussi :
« Après l’été que nous avons vécu, montrer que le président, finalement, est en vacances, je trouve que ça ne correspond pas au niveau d’inquiétude de la population, qui est générale ».
Edwige Diaz, du Rassemblement national, qualifia les images de maladroites, tout en estimant que tout le monde avait le droit de prendre des vacances.
La mise en scène permanente du pouvoir en été
Au-delà des faits, cette séquence illustre une contradiction devenue rituelle sous la Ve République. Le fort de Brégançon est à la fois un lieu de retrait et une scène médiatique. Le pouvoir s’y veut à la fois proche, en short et en baskets, et intouchable, perché sur son rocher.
Chaque été, la même mécanique se répète. Une image de loisir est arrachée à son contexte, puis projetée comme symbole de déconnexion. Le jet-ski remplace ici le scooter ou le yacht des présidences précédentes. Le fond politique – les coups de téléphone, les dossiers Fifa et Iran – est relégué au second plan par la force de l’image.
L’entourage plaide le vol, l’opposition plaide l’indécence. Entre les deux, l’opinion retient surtout le décalage entre le récit d’un pays qui brûle et celui d’un président qui glisse sur l’eau. C’est ce hiatus visuel, plus que le fait lui-même, qui alimente le procès en déconnexion.


