LA FLÈCHE, 14 août (Le Parisien Matin) – Rassemblement National Romain Lemoigne a annoncé avoir déposé plainte avec constitution de partie civile contre l’association locale « La Flèche Not Dead » pour injures et calomnies.
L’élu fit connaître sa décision par communiqué. Il réagit à une publication Facebook du 23 juillet qui dénonça la résiliation de la convention liant la Ville au Carroi jusqu’en 2032.
La publication visée critiqua la décision municipale de rompre le partenariat avec Le Carroi, structure culturelle historique.
Pour le maire, le collectif, connu pour ses concerts lors du festival Les Affranchis,
« a franchi une ligne rouge en tombant dans l’injure et la calomnie ».
Affirma Romain Lemoigne.
Il ajouta :
« Le désaccord pacifique est le fondement même de la démocratie ; on peut heureusement débattre de tout, mais de manière respectueuse et apaisée ».
Une procédure judiciaire lourde
En choisissant la constitution de partie civile, le maire déclencha automatiquement une information judiciaire. La procédure entraîna la désignation d’un juge d’instruction et évita un classement sans suite par le parquet.
« Nous continuerons, avec la nouvelle municipalité, à défendre un débat digne et constructif, loin de la radicalité de l’extrême gauche ».
Soutint Romain Lemoigne.
L’affaire fut confiée à la justice, qui devra trancher entre liberté d’expression et diffamation.
Cette action s’inscrivit dans un contexte de fortes frictions depuis l’élection de la municipalité RN en 2026, qui mit fin à 37 ans de gestion de gauche.
Début août, des tags antisémites, croix gammées et celtiques, furent découverts près de la mairie. Des actes que l’édile condamna fermement.
« La Flèche Not Dead » n’est pas qu’un collectif d’opposition en ligne. L’association est un acteur culturel qui organise des concerts punk-rock et de musiques actuelles, souvent en marge des Affranchis.

Le revirement budgétaire au cœur de la colère
Les associations locales dénoncèrent un reniement de promesses. En campagne, le candidat RN s’était engagé à maintenir les subventions et à soutenir Les Affranchis.
Une fois élu, le budget global aux associations passa de 894 000 € à 812 000 €. L’enveloppe des Affranchis fut amputée de 50 000 €.
L’aide de 5 000 € à Solidarité Accueil Exilé fut supprimée. La mairie assuma son refus de financer l’aide aux migrants.
L’opposition accusa le maire d’utiliser La Flèche comme laboratoire politique. Les économies réalisées sur la culture furent fléchées vers la sécurité.
Trois policiers municipaux supplémentaires furent recrutés dès le début du mandat. La rupture avec Le Carroi cristallisa le conflit entre la mairie et le tissu associatif local.
Une plainte qui dépasse le cadre judiciaire
Sur le fond, l’affaire de La Flèche est banale : un maire s’estimant diffamé sur Facebook. Sur la forme, elle raconte beaucoup plus.
En optant pour la constitution de partie civile, Romain Lemoigne ne cherche pas seulement réparation. Il envoie un signal politique.
La procédure, plus lourde et plus visible qu’une simple plainte, lui garantit qu’un juge d’instruction sera désigné et qu’il n’y aura pas de classement sans suite discret.
C’est une manière d’affirmer l’autorité de la nouvelle municipalité face à un tissu associatif qui, depuis l’alternance, s’est constitué en contre-pouvoir.
Le choix de la cible n’est pas anodin. La Flèche Not Dead n’est pas un parti d’opposition, c’est un acteur culturel. En s’attaquant à une association du festival Les Affranchis et en rompant avec Le Carroi, la mairie touche à deux symboles de l’identité fléchoise.
La coupe de 50 000 euros pour les Affranchis et la suppression de l’aide à Solidarité Accueil Exilé, compensées par trois recrutements de policiers municipaux, dessinent une ligne claire : moins de culture subventionnée, plus de sécurité. C’est la transposition à l’échelle locale de la stratégie nationale du RN.
Reste la question juridique qui fera jurisprudence localement : où commence l’injure ? Les associations invoquent un reniement de promesses de campagne, le maire dénonce une attaque personnelle.
Le tribunal devra tracer la frontière, toujours poreuse en période de forte polarisation, entre le débat politique légitimement virulent et la calomnie.


