VALENTIGNEY, 14 août (Le Parisien Matin) – Un ouvrier de 58 ans est décédé vendredi alors qu’il participait à la démolition d’une terrasse construite illégalement au 84, rue des Graviers. L’intervention faisait suite à une condamnation pour infraction au droit de l’urbanisme sur un terrain non constructible.

Une démolition ordonnée par la justice

L’homme était employé par une entreprise de BTP du Pays de Montbéliard. Les propriétaires avaient fait appel à cette société pour exécuter la décision judiciaire. L’équipe était arrivée sur place avec le matériel nécessaire pour procéder aux travaux.

Les secours furent appelés vers 8 h 50. Selon les premiers éléments, l’ouvrier venait d’achever des travaux de burinage lorsque la structure se fragilisa.

« Une partie de la terrasse s’est alors soudainement effondrée sur son thorax ».

Expliqua Paul-Édouard Lallois.

À leur arrivée, les sapeurs-pompiers prirent en charge une victime consciente mais grièvement blessée au thorax. Malgré près de 45 minutes de réanimation cardiopulmonaire, l’homme fut déclaré mort sur les lieux. Quatre sapeurs-pompiers appuyés par deux engins intervinrent.

Le drame se déroula sous les yeux du gérant de l’entreprise, présent sur le chantier. Très choqué, il fut entendu pour préciser les circonstances.

Le parquet de Montbéliard et l’Inspection du travail se rendirent sur place. Des prélèvements toxicologiques furent réalisés sur la victime et son collègue. Une enquête pour homicide involontaire dans le cadre du travail fut ouverte. La victime était domiciliée à Seloncourt.

Quand la mise en conformité tourne au drame humain

Ce qui frappe dans l’accident de Valentigney, ce n’est pas seulement la brutalité du fait divers, c’est son origine. On ne parle pas d’un chantier classique de construction neuve, mais d’une démolition punitive. Une terrasse érigée sans autorisation, sur un terrain non constructible, rattrapée des années plus tard par une décision de justice.

Ces chantiers de déconstruction sont devenus courants en France depuis le durcissement des PLU et la traque des infractions au Code de l’urbanisme.

Pour les petites entreprises locales, ce sont des interventions à haut risque et à faible marge. On démolit une structure qui n’a jamais été conçue pour être démontée, sans plans, sans étude de portance, souvent bricolée.

L’audition du gérant, présent et choqué, et la co-saisine systématique du parquet et de l’Inspection du travail posent la vraie question : les conditions de sécurité étaient-elles adaptées à une démolition instable ?

La procédure pour homicide involontaire ne vise pas à désigner un coupable immédiat, mais à vérifier si l’évaluation des risques, le mode opératoire et l’équipement étaient suffisants pour un ouvrage fragilisé.

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