NARBONNE, 14 août (Le Parisien Matin) – Le tribunal correctionnel a condamné un homme de 28 ans, de nationalité malienne et domicilié à Mirepoix, à six mois de prison avec sursis pour des attouchements sexuels commis sur une vacancière de 18 ans. Les faits s’étaient produits le 12 août sur la plage des Chalets à Gruissan.

L’homme, employé dans la restauration, passait son jour de repos à la mer. En milieu d’après-midi, il se trouvait sur une plateforme flottante au large.

Il accosta la jeune femme et la couvrit d’éloges. Pour fuir ses avances, elle décida de regagner la plage à la nage.

Il la suivit, la saisit aux hanches et lui imposa des caresses sur la poitrine et l’entrejambe. Parvenue sur le sable, elle se réfugia au poste de secours.

Identification et interpellation

Le poste de secours alerta les gendarmes. L’interpellation reposa sur l’identification conjointe de la victime et d’un surveillant de baignade témoin depuis son embarcation.

Placé en garde à vue, le mis en cause nia les faits. Il conserva la même ligne à l’audience du 13 août en comparution immédiate.

Devant le tribunal, il déclara :

« Il y avait beaucoup de monde sur la plateforme et d’autres personnes de couleur ».

Le président lui répondit :

« Comment expliquez-vous que deux personnes qui ne vous connaissent pas vous désignent ainsi ? »

Il ajouta :

« Pourquoi la victime, décrite comme véritablement apeurée par le responsable du poste de secours, vous accuserait-elle ? Elle vous a reconnu ainsi que la chaîne à votre cou et votre maillot de bain ».

Le prévenu, célibataire sans enfants et au casier judiciaire vierge, ne convainquit pas le tribunal.

Une défense qui dénonce des investigations trop rapides

Son avocate plaida l’insuffisance du dossier. Elle évoqua « des investigations peut-être trop rapides ».

Elle souligna « un témoin sur son canoë qui ne relate aucune altercation ni appel à l’aide » et « des personnes que l’on n’a pas interrogées, sur la plateforme ou dans la famille de la jeune fille ».

Elle conclut :

« bref, un dossier en l’état qui ne permet pas d’entrer en voie de condamnation ».

Elle rappela :

« Mon client vient ici toutes les semaines et aucune plainte n’a jamais été formulée contre lui ».

Façade en pierre du tribunal correctionnel de Narbonne avec drapeaux et entrée principale

Le réquisitoire du parquet

Le procureur estima que « Le prévenu tente de nier des faits établis, des attouchements non consentis, imposés par la surprise. Il y a deux ans, la victime avait déjà subi des faits de même nature et il n’y a aucune raison pour qu’elle mente sur un tel sujet et incrimine quelqu’un qu’elle ne connaît pas ».

Il décrivit le prévenu comme un « jeune homme qui a du mal à discerner les limites du consentement ».

Il requit douze mois de prison avec sursis simple, une interdiction de séjour dans l’Aude pendant au moins trois ans et l’inscription au fichier national des délinquants sexuels.

Le tribunal jugea les éléments à charge suffisants. Il condamna le prévenu à six mois de prison avec sursis.

Il prononça l’interdiction de paraître à Gruissan, Narbonne-Plage et Saint-Pierre-la-Mer pendant trois ans et ordonna son inscription au fichier national des délinquants sexuels.

Le poids du faisceau d’indices

Cette affaire, jugée en comparution immédiate au lendemain des faits, illustre le traitement judiciaire des agressions sexuelles commises en contexte de forte affluence estivale. Le tribunal s’est appuyé sur un faisceau d’indices concordants plutôt que sur des preuves matérielles, ce qui est fréquent pour des faits commis dans l’eau.

La double désignation, par la victime et par un surveillant de baignade extérieur, a pesé lourdement. La défense a tenté d’exploiter l’absence d’appel à l’aide audible et l’absence d’auditions sur la plateforme, arguant d’investigations précipitées.

Le tribunal n’a pas suivi cette lecture et a privilégié la constance du récit de la victime et son état de sidération décrit par le poste de secours.

Le choix de la peine, six mois avec sursis contre douze requis, et l’interdiction ciblée de paraître dans trois stations balnéaires plutôt que dans tout le département, montre une volonté de sanctionner sans désocialiser un prévenu primo-délinquant, tout en répondant à l’enjeu de prévention.

L’inscription au fichier des délinquants sexuels et la référence explicite aux limites du consentement replacent le dossier dans une évolution jurisprudentielle où la surprise et l’absence de consentement suffisent à caractériser l’agression.

Partager.