BRIE-ET-ANGONNES, 30 août (Le Parisien Matin) – Un cycliste de 50 ans a trouvé la mort samedi 29 août peu avant 11 heures sur la RD 5, dans le secteur de Tavernolles, après qu’un automobiliste lui a coupé la route alors qu’il était engagé en pleine descente.

L’accident se produisit à 10h50 sur la route départementale RD5. Le quinquagénaire descendait l’axe à une vitesse soutenue, propre à ce profil de route.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’automobiliste âgé de 89 ans arrivait en sens inverse et « a subitement viré sur sa gauche pour s’engager dans une petite voie menant à son domicile alors que le cycliste était engagé en pleine descente, dans le secteur de Tavernolles ».

« La voiture lui a donc coupé la route et l’a percuté de plein fouet ». Le choc fut frontal et d’une extrême violence.

Le cycliste, lancé dans la descente, ne put éviter la manœuvre. Les témoins présents sur les lieux alertèrent immédiatement les secours.

Des tentatives de réanimation vaines

Les pompiers et le SAMU intervinrent rapidement. À leur arrivée, la victime était déjà en arrêt cardio-respiratoire.

Malgré des massages cardiaques prolongés, elle « n’a pu être ranimée par les secours ». Le décès fut constaté sur place par les équipes médicales.

La victime fut d’abord présentée à tort comme âgée de 70 ans. L’âge fut corrigé à 50 ans.

La gendarmerie de l’Isère procéda aux constatations d’usage, avec relevés de traces de freinage et de la position des véhicules. Des dépistages d’alcoolémie et de stupéfiants furent réalisés comme l’exige la procédure.

Le conducteur « a été entendu sous le régime de la garde à vue par la gendarmerie dans le cadre d’une enquête pour homicide involontaire ». Le parquet ouvrit une procédure pour homicide involontaire.

Ce drame s’inscrivit dans une période noire pour la sécurité routière locale. La préfecture venait d’alerter sur une hausse de 78 % de la mortalité routière depuis le début de l’année, avec 41 décès comptabilisés au 28 août contre 23 sur la même période l’année précédente.

Le week-end précédent, une collision avait déjà causé la mort de deux personnes à Marcilloles.

Une manœuvre banale aux conséquences extrêmes

L’accident de Brié-et-Angonnes n’a rien d’exceptionnel dans son mécanisme. C’est précisément ce qui le rend significatif.

Un conducteur qui tourne à gauche vers son domicile. Un cycliste qui arrive vite en descente. Un angle mort, une mauvaise appréciation de la distance, une seconde d’inattention. Sur une départementale, sans séparation physique, la vulnérabilité du cycliste est totale. La différence de masse fait le reste.

Le profil des deux protagonistes interroge aussi. À 89 ans, les réflexes, la vision périphérique et l’estimation des vitesses ne sont plus ceux d’un conducteur de 40 ans.

La France n’impose pas de contrôle médical obligatoire après un certain âge, contrairement à d’autres pays européens. Chaque drame relance le débat, sans qu’aucune réforme n’aboutisse, entre stigmatisation des seniors et impératif de sécurité.

Pour les cyclistes, la RD5 à Tavernolles est typique des axes à risque : route rectiligne qui invite à la vitesse, descentes où un vélo atteint facilement 50 km/h, riverains qui coupent la chaussée pour rentrer chez eux. Sans aménagement cyclable, la cohabitation repose uniquement sur la vigilance mutuelle.

Enfin, le contexte isérois donne à ce décès une dimension systémique. 41 morts au 28 août, +78 % en un an. Ce n’est plus une série de cas isolés, mais une courbe qui s’emballe.

La préfecture communique sur les chiffres, mais les causes sont multiples : trafic post-covid en hausse, parc automobile vieillissant, pratique du vélo en forte croissance sans infrastructures adaptées. Le drame de Brié-et-Angonnes cristallise ces trois facteurs en une seule collision.

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