MANDELIEU-LA-NAPOULE, 30 août (Le Parisien Matin) – Un corps sans vie a été repêché samedi 29 août en fin d’après-midi au large de Mandelieu-la-Napoule, treize jours après la collision entre deux bateaux qui avait fait dix blessés et un jeune homme de 22 ans disparu.

Le corps a été retrouvé dans le secteur mandolocien, où les recherches s’étaient concentrées. Les secours ont procédé au repêchage et transféré la dépouille à terre. Une autopsie devait être pratiquée pour identifier la victime.

Identification attendue

Il était impossible d’affirmer qu’il s’agissait du passager disparu. La zone et le délai orientaient les soupçons vers le jeune homme éjecté lors du choc.

L’article source rapporte mot pour mot :

« Un corps sans vie a été découvert ce samedi 29 août dans le secteur de Mandelieu-la-Napoule, près de deux semaines après la violente collision entre deux bateaux qui avait fait dix blessés et un disparu ».

Le 23 août, un élément flottant pouvant ressembler à un corps avait été signalé au large de La Bocca. D’importants moyens avaient été engagés, sans résultat.

Circonstances de la collision

L’accident s’est produit dimanche 16 août vers 22h40, à 700 mètres du port de Mandelieu. Un semi-rigide Tempest de 7 mètres avec dix personnes a percuté un yacht Pardo 38 de 12 mètres avec onze personnes.

Le groupe du semi-rigide fêtait un anniversaire en mer et devait regagner le port pour restituer le bateau de location. Une atmosphère d’amusement a été évoquée. Le choc a été extrêmement violent. La coque du semi-rigide s’est pliée, le flanc du yacht a été perforé.

Sur 21 personnes impliquées, dix ont été blessées, dont neuf sur le semi-rigide. Fin août, deux victimes demeuraient hospitalisées dans un état grave, dont le skipper. Les autres blessés, malgré des fractures sévères, restaient suivis pour choc post-traumatique.

Enquête judiciaire

Une information judiciaire a été ouverte le 24 août par le parquet de Marseille, notamment pour « mise en danger d’autrui et non-respect des règles internationales destinées à prévenir les abordages en mer ».

Les premières investigations ont établi que le Pardo naviguait à vitesse normale tandis que celle du semi-rigide était élevée. Ce dernier n’aurait pas respecté les règles de priorité. Les deux navires, sous scellés, devaient subir des expertises.

Le révélateur d’une baie saturée

Cette découverte, si l’identification se confirme, ne clôt pas le dossier. Elle l’ouvre sur un second temps judiciaire et politique.

Le drame du 16 août cristallise tout ce que la baie de Cannes produit en haute saison : une densité extrême d’embarcations hétérogènes, des semi-rigides de location accessibles sans permis hauturier, des yachts de 12 mètres qui sortent de port à la nuit tombée, et une culture de l’anniversaire en mer où la vitesse devient un jeu.

L’enquête du parquet de Marseille pointe déjà deux fautes classiques mais mortelles : vitesse excessive et non-respect des règles de privilège.

Ce sont les deux piliers du Règlement international pour prévenir les abordages. À 22h40, sans éclairage public en mer, chaque seconde d’inattention se paie en mètres parcourus à l’aveugle.

Au-delà des responsabilités individuelles, qui seront tranchées par les expertises des coques placées sous scellés, c’est le modèle de la location à la journée qui interroge.

Restituer un bateau à l’heure, avec une caution en jeu, pousse à couper la baie au plus court, souvent face au trafic sortant. Dans ce contexte, le port de Mandelieu, porte d’entrée très fréquentée, devient un carrefour sans feux.

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