PARIS, 31 août (Le Parisien Matin)Nicolas Altmayer et Mathilde Favier ont été inhumés ce lundi 31 août à Paris lors de deux cérémonies distinctes, quatorze jours après leur mort dans un accident de la route dans les Deux-Sèvres.

Le producteur de cinéma âgé de 61 ans et la directrice des relations publiques de Dior âgée de 57 ans formaient un couple uni dans la vie.

Leurs familles, restées soudées dans l’épreuve, ont publié des avis de décès croisés dans le carnet du Figaro.

Deux obsèques séparées dans la capitale

La cérémonie de Mathilde Favier s’est tenue à 14h30 en l’église Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement.

Ses enfants Héloïse et Carlo Agostinelli étaient présents, ainsi que de nombreuses personnalités du monde de la mode.

Les obsèques de Nicolas Altmayer, père de quatre enfants Candice, Roxane, Félix et Alice, se sont déroulées le même jour dans un lieu tenu confidentiel.

La famille a précisé qu’elles se dérouleraient « dans la plus stricte intimité ».

Les circonstances du drame dans les Deux-Sèvres

L’accident s’est produit le 17 août vers 16h sur la route départementale 938 à Airvault, dans les Deux-Sèvres.

Le véhicule du couple a percuté un poids lourd lors d’une manœuvre de dépassement.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la voiture,

« a percuté un poids lourd circulant en sens inverse, alors qu’ils doublaient un autre véhicule ».

A rapporté le vice-procureur de Niort.

Une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte par le parquet de Niort afin de déterminer les causes exactes de la collision.

Deux parcours majeurs du cinéma et de la mode

Nicolas Altmayer avait cofondé en 1996 la société Mandarin Cinéma avec son frère Éric.

Il avait produit des succès populaires majeurs comme Brice de Nice et la saga OSS 117, qui ont révélé Jean Dujardin.

Son catalogue comprenait également des films d’auteur comme Saint Laurent de Bertrand Bonello et Grâce à Dieu de François Ozon.

Mathilde Favier dirigeait les relations publiques célébrités de Dior Couture, propriété du groupe LVMH.

Elle gérait les liens entre la maison de luxe et les plus grandes stars internationales.

Émotion dans les mondes de la culture

La disparition du couple a provoqué une vive émotion dans le cinéma et la haute couture.

Des figures du cinéma français ont assisté à l’hommage intime rendu à Nicolas Altmayer.

Tout le gotha de la mode s’est rassemblé à Saint-Sulpice pour saluer la mémoire de Mathilde Favier.

Les deux familles ont choisi des hommages séparés tout en s’associant mutuellement à leur deuil.

Une séparation symbolique qui raconte deux mondes

Le choix de deux cérémonies distinctes le même jour, dans la même ville, dit beaucoup plus qu’une simple organisation familiale.

Il révèle deux cultures du deuil qui se sont côtoyées sans jamais se confondre. D’un côté, le cinéma. Un milieu où l’intime reste une valeur refuge, où la famille Altmayer a revendiqué le silence. L’absence de lieu communiqué, la formule assumée de l’intimité stricte, renvoient à une tradition des producteurs de l’ombre : ceux qui ont fait les plus grands succès populaires sans jamais chercher la lumière.

De l’autre, la mode. Impossible pour Mathilde Favier de partir sans que Saint-Sulpice ne devienne une forme de dernier défilé. Pas un défilé de vanité, mais le rassemblement naturel d’un réseau qu’elle a tissé pendant plus de vingt ans chez Dior. Dans cet univers, la présence est un langage. Venir, c’est signifier.

Leur histoire commune incarnait pourtant une passerelle rare entre deux industries qui se regardent souvent de loin. Lui, le bâtisseur d’un cinéma à la fois populaire et d’auteur, capable de passer de Jean Dujardin à François Ozon. Elle, l’architecte de l’image, celle qui faisait le lien entre la couture et les tapis rouges qui assurent la survie d’une maison comme Dior.

Le drame de la départementale 938 coupe aussi une séquence économique. Mandarin avait en développement Monsieur Aznavour et Alpha de Julia Ducournau, deux paris majeurs. Dior perd une cheffe d’orchestre relationnelle à quelques semaines de la Fashion Week. Au-delà de l’émotion, ce sont deux calendriers industriels qui vacillent.

En maintenant des avis de décès croisés dans Le Figaro tout en séparant les corps et les rites, les familles ont trouvé un équilibre d’une grande justesse : affirmer l’unité du couple dans la mort, respecter l’identité de chacun dans l’hommage.

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