PARIS, 22 août (Le Parisien Matin) – Une vidéo datée du 23 septembre 2025 a refait surface sur les réseaux sociaux et a déclenché une vive polémique. On y vit Emmanuel Grégoire, alors candidat à la mairie de Paris, exposer son projet de réquisitionner 32 millions de mètres carrés de toits privatifs. Devenu maire, il s’apprêta à présenter le dossier au Conseil de Paris dans les prochaines semaines.
Une séquence de campagne devenue virale
La séquence fut enregistrée sur Sud Radio et exhumée depuis deux jours. L’ancien adjoint d’Anne Hidalgo y déclara vouloir « mieux utiliser les quelque 33 millions de m² de toits de Paris ».
Selon Le Figaro, Paris compta 32 millions de mètres carrés de toitures, dont 3 500 végétalisées et 654 équipées de solaire. La vidéo, publiée à l’époque par Emmanuel Grégoire sur X, fut massivement repartagée.
Le candidat s’en prit aux rooftops qui, selon lui, « ont du succès quand vous pouvez vous payer un Spritz à 15 euros ». Il estima que les toits avaient vocation à être partagés.
« L’idée, c’est de faire émerger un réseau de toits d’usage partagé, associatif, culturel, méditatif […] dire que c’est un espace privé qui ne doit pas être privatisé mais partagé ».
Affirma Emmanuel Grégoire.
Il défendit un « droit au ciel » avec des « rooftops publics où on puisse aller pique-niquer, avec des aires de jeux, des activités associatives, sportives… » pour développer « d’activités sociales et ludiques, pour les familles ». Le projet s’appuya sur l’Atelier parisien d’urbanisme pour végétaliser et installer du solaire.
L’opposition dénonce une atteinte à la propriété
La redécouverte provoqua une levée de boucliers. « Avant de pouvoir méditer sur les toits, on aimerait déjà être en sécurité au sol », tanca Sarah Knafo sur X.
« Qui paye ? Qui se fait exproprier de son toit pour subir au-dessus de sa tête la fête permanente… partagée ? ».
Interrogea Aurélien Véron, vice-président du groupe Paris Libertés codirigé par Rachida Dati.
De nombreux internautes jugèrent la mesure « complètement déconnectée de la réalité ». L’un écrivit : « On attend d’une mairie que les chaussées soient entretenues, les poubelles vidées et les écoles en bon état ».
Un autre rappela :
« Les toits des immeubles ne vous appartiennent pas ».
L’opposition souligna que la quasi-totalité des toits appartint à des copropriétés privées et que leur réquisition fut jugée anticonstitutionnelle sans utilité publique. La Ville envisagea de passer par le Plan Local d’Urbanisme, avec un coût de mise aux normes estimé à des dizaines de milliards d’euros.


