PARIS, 21 juillet (Le Parisien Matin) – Les députés se prononcent mardi sur une loi interdisant les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Cette initiative rejoint des mesures similaires adoptées dans plusieurs pays.
L’exemple australien
L’Australie a instauré la première interdiction mondiale pour les moins de 16 ans sur des plateformes comme Facebook, Snapchat, TikTok et YouTube, entrée en vigueur en décembre. Cette démarche a répondu aux préoccupations croissantes concernant l’impact sur la santé et la sécurité des mineurs.
L’ambition présidentielle
Le président Emmanuel Macron avait exhorté en avril les jeunes à éteindre leurs téléphones et à lire pour devenir de meilleurs citoyens. Il souhaite que le texte soit adopté avant la rentrée scolaire. S’adressant à des lycéens en avril, il a déclaré :
« Nous vous avons laissés dans cette jungle qui a accaparé toute votre attention. Nous devons lever le pied et vous aider à devenir des adultes, et surtout des citoyens. C’est pourquoi nous voulons instaurer une règle : plus de réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans. »
Vérification d’âge obligatoire
Le projet de loi, approuvé au niveau des commissions lundi soir par les sénateurs et les députés, impose aux plateformes de mettre en place des systèmes de vérification d’âge validés par le régulateur français. Le vote parlementaire doit avoir lieu en milieu ou fin d’après-midi.
Application à partir de septembre
À compter du 1er septembre, les enfants de moins de 15 ans ne pourront pas créer de compte. Les plateformes disposeront de quatre mois supplémentaires pour fermer les comptes déjà ouverts.
Les encyclopédies en ligne et les sites éducatifs resteront accessibles aux enfants et aux adolescents.
Position contrastée des acteurs numériques
Les plateformes s’opposent généralement aux interdictions générales et soulignent disposer déjà de mesures de protection pour les plus jeunes utilisateurs, dont des restrictions d’âge. Elles se sont toutefois engagées à respecter les décisions gouvernementales.
Le cadre européen
De nombreux pays en Europe et au-delà envisagent des restrictions après avoir pris conscience des risques. La Commission européenne élabore ses propres réglementations pour réduire les modèles commerciaux des plateformes et protéger les jeunes. Elle aura son mot à dire sur la conformité du projet français avec la législation européenne


