dimanche, 6 septembre Magazine

MONZA, 5 septembre (Le Parisien Matin)Pierre Gasly a décroché la première pole position de sa carrière lors des qualifications du Grand Prix d’Italie disputées ce samedi. Au volant de son Alpine, le Français a signé un chrono de 1’21 »786 sur le Temple de la vitesse et devancé George Russell de 60 millièmes de seconde.

Une Q3 décidée par l’aspiration

La séance fut marquée par « l’importance du phénomène d’aspiration ». Dès la Q1, Gasly s’est montré à son aise en signant le meilleur temps devant Max Verstappen et Lando Norris. Il assura ensuite le quatrième temps d’une Q2 dominée par Andrea Kimi Antonelli, auteur d’une prestation remarquée à domicile.

Sous le coup d’une pénalité l’envoyant en fond de grille pour un moteur hors-quota, l’Italien joua le « parfait coéquipier ». Il offrit l’aspiration à George Russell dès l’entame de la Q3, ce qui permit au Britannique de s’installer en tête à l’issue de la première tentative.

Les écarts étaient infimes avec Oscar Piastri, Pierre Gasly et Charles Leclerc pointés à moins de 75 millièmes de la référence. Après un passage par les garages, les dix monoplaces reprirent la piste pour les deux dernières minutes.

Gasly le plus malin en fin de séance

Les pilotes McLaren manquèrent leur coup. Oscar Piastri alla hors piste au premier virage alors qu’il rendait la pareille à Lando Norris niveau aspiration. Le champion du monde en titre manqua son premier secteur et perdit toute chance de pole.

Aidée par Antonelli, Russell améliora sa marque d’un peu moins de deux dixièmes en 1’21 »846. C’était sans compter sur Gasly, positionné en queue de peloton et parfaitement placé pour bénéficier du sillage.

Le pilote Alpine tira profit d’une aspiration maximale. Sans signer le moindre record de secteur, le Tricolore sut « tout mettre bout à bout » pour couper la ligne en 1’21 »786. Il arracha la pole pour 60 millièmes, une performance qui « n’est absolument pas venue de nulle part ».

Une première historique pour la France et Alpine

Avec cette pole, Gasly devint le premier pilote français à réussir l’exercice depuis Jean Alesi, déjà à Monza en 1997. L’attente dura 29 ans.

Il s’agit aussi de la toute première pole position de l’histoire sous le nom d’Alpine en Formule 1.

« Entre Pierre Gasly et Monza, l’histoire d’amour se poursuit ».

Six ans après y avoir signé sa première victoire en 2020.

Une grille chamboulée derrière

Malgré son raté, Oscar Piastri conserva la troisième place. Les pilotes Ferrari ne surent pas pleinement répondre présent devant leur public. Après une Q2 qui faillit tourner au cauchemar avec les neuvième et dixième temps assurés pour un millième face à Gabriel Bortoleto, Charles Leclerc et Lewis Hamilton prirent les quatrième et cinquième rangs.

Max Verstappen se classa sixième devant Andrea Kimi Antonelli, qui cédera sa place à Franco Colapinto en raison de sa pénalité. L’Argentin devança Lando Norris et Arvid Lindblad. Pour Esteban Ocon, la séance fut difficile avec une élimination en Q2 et une seizième place qui vaudra la quinzième sur la grille dimanche.

Pourquoi cette pole change tout pour Gasly et Alpine

Ce n’est pas seulement un chrono. C’est un symbole.

Monza a toujours été un révélateur de fin de saison. Un circuit où la puissance moteur compte, mais où le courage dans Lesmo et Ascari fait la différence. Que Gasly signe là sa première pole, sur une Alpine qui joue le milieu de grille depuis deux saisons, raconte quelque chose de plus profond que la simple aspiration.

D’abord, l’intelligence de course. Gasly n’a pas cherché le tour parfait en termes de secteurs. Il a cherché le tour parfait en termes de positionnement.

Se placer dernier du train en Q3 à Monza, c’est accepter de prendre tous les risques de trafic pour s’offrir 0,3 seconde gratuite dans la ligne droite. Russell avait l’aspiration d’Antonelli, Gasly a eu celle de tout le monde. C’est un pari que seuls les pilotes qui connaissent parfaitement la piste osent tenter.

Ensuite, le contexte Alpine. Première pole sous ce nom depuis le retour en 2021, elle arrive à un moment où l’écurie avait besoin d’un signal fort après des mois de restructuration moteur. Elle valide le choix de conserver Gasly comme leader et relance la dynamique autour de Colapinto, qui signe lui aussi un top 8 inattendu.

Enfin, la dimension française. Vingt-neuf ans sans pole tricolore, c’est une éternité. Depuis Alesi à Monza justement, aucun Français n’avait su concrétiser.

Gasly brise un plafond psychologique qui pesait sur toute une génération Ocon, Gasly, Hadjar. S’il convertit dimanche, Monza pourrait ne plus être seulement le jardin de ses victoires, mais celui de sa renaissance.

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