PARIS, 6 septembre (Le Parisien Matin)Flavie Flament a répondu le samedi 5 septembre sur le plateau de l’émission C à vous sur France 5 aux propos de Mimie Mathy concernant Patrick Bruel. L’animatrice s’est dite estomaquée après la défense du chanteur par la comédienne, alors que ce dernier est visé par 31 plaintes pour viol, tentative de viol et agression sexuelle.

La passe d’armes sur France 5

Flavie Flament était invitée de C à vous samedi. Elle a réagi à l’intervention de Mimie Mathy sur RTL.

La comédienne avait estimé que Patrick Bruel avait, selon elle, Mimie Mathy :

« été plus harcelé que harceleur ».

Une déclaration qui a provoqué la réaction de l’animatrice.

Flavie Flament a déclaré que cette prise de position la faisait sourire plutôt que de la mettre en colère. Elle s’est dite choquée par l’attitude de certaines femmes.

Flavie Flament :

« Je suis toujours absolument estomaquée par ces femmes qui pourraient être nos mères et qui n’auront pas un mot pour des victimes ».

Selon l’animatrice, qui accuse elle-même le chanteur de viol, les femmes de la génération de Mimie Mathy qui condamnent la prise de parole des plaignantes restent marquées par une autre époque.

Flavie Flament :

« portent encore en elles le poids du monde d’hier ».

Elle a estimé qu’elles devraient au contraire saluer le courage des plaignantes.

Elle a ajouté être fascinée par l’outrecuidance de ceux qui détiennent des vérités sans rien savoir du dossier. Flavie Flament :

« Je suis estomaquée de voir à quel point on peut trahir les femmes en tenant des propos comme ça ».

Dans la même émission, Flavie Flament a qualifié l’annulation de la tournée d’automne de Patrick Bruel de décision sage. Elle y a vu le symbole d’un #MeToo français et le signe d’une indignation générale.

Le chanteur a annulé ses concerts prévus à l’automne. Il reste mis en examen et présumé innocent.

Un fossé générationnel au cœur du MeToo

L’échange entre Flavie Flament et Mimie Mathy dépasse le seul cas Patrick Bruel. Il révèle une fracture qui traverse depuis plusieurs années la manière dont les affaires de violences sexuelles sont commentées dans l’espace public.

D’un côté, une génération d’artistes qui a construit sa notoriété dans les années 80 et 90, où la loyauté entre pairs et la présomption d’innocence étaient invoquées comme un réflexe de protection du milieu.

De l’autre, des femmes qui ont porté plainte et qui trouvent aujourd’hui une caisse de résonance médiatique inédite, notamment via des émissions comme C à vous, devenues tribunaux d’opinion autant que lieux d’information.

La qualification de « décision sage » pour l’annulation de la tournée est à ce titre révélatrice. Ce n’est plus seulement la justice qui impose l’agenda, mais la pression de l’opinion et des salles de spectacle. Le symbole du « #MeToo français » évoqué par Flavie Flament marque un tournant : l’industrie musicale, longtemps épargnée comparée au cinéma, se retrouve rattrapée par les mêmes logiques de boycott et de requalification morale.

Reste l’angle judiciaire, souvent évacué des plateaux. 31 plaintes ne signifient pas 31 mises en examen, et la formule de la présomption d’innocence, rappelée en fin d’émission, peine à coexister avec l’emballement médiatique.

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