mardi, 29 septembre Magazine

Johannesburg (Le Parisien Matin) 28 Septembre 2026 – Les discussions menées lors du forum public annuel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève ont mis en évidence que la Zone de libre-échange continentale africaine pourrait renforcer les structures économiques du continent et servir de contrepoids face aux rivalités géopolitiques croissantes. Le Rapport sur le commerce mondial 2026 indique que la contribution de l’Afrique au commerce mondial reste inférieure à trois pour cent, bien que les exportations régionales de services aient progressé de 14 pour cent en 2025. Les décideurs politiques réunis lors de ce forum ont débattu de questions cruciales telles que la survie du multilatéralisme, les tensions géopolitiques entre grandes puissances économiques et les divisions concernant le moratoire sur le commerce électronique des services numériques.

Contexte et défis multilatéraux au forum de Genève

Le forum public de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a rassemblé des décideurs politiques, des dirigeants d’entreprise, des représentants de la société civile et des responsables gouvernementaux afin de débattre de cadres adaptés pour surmonter les blocages de négociations, la montée des mesures commerciales unilatérales et les déséquilibres entre pays riches et économies en développement. Au-delà des discussions techniques, les délégués se sont penchés sur la pérennité à long terme du multilatéralisme.

Les responsables de l’OMC ont affirmé que l’organisation demeure une plateforme incontournable pour le commerce mondial, supervisant 77 pour cent des échanges internationaux, tandis que 22 pays ont déposé une demande d’adhésion. Les données présentées durant l’événement montrent que la part du Sud global dans la production commerciale est passée de 22 pour cent à 45 pour cent au cours des trois dernières décennies. Fondée en 1945 sous l’appellation d’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, l’institution reposait initialement sur le principe que l’interdépendance économique favorise la paix, la stabilité et la croissance mutuelle.

Pressions géopolitiques et disparités commerciales

La redistribution de la puissance économique mondiale a introduit des tensions géopolitiques marquées au cœur du forum. Plusieurs responsables ont souligné la rivalité commerciale et stratégique entre les États-Unis et la Chine comme un facteur systémique majeur affectant les pays en développement, en particulier en Afrique.

D’après le Rapport sur le commerce mondial 2026, publié lors de la manifestation, la contribution de l’Afrique au commerce des marchandises demeure inférieure à trois pour cent. Cette situation place le continent nettement derrière l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord, qui regroupent collectivement plus de 85 pour cent du total du commerce mondial des marchandises. Les échanges ont souligné que les économies avancées se concentrent principalement sur des mutations technologiques intérieures, telles que l’essor de l’intelligence artificielle et les risques de bulles économiques, creusant ainsi les disparités économiques entre le Nord global et le Sud global.

Croissance des exportations de services et débats sur le numérique

En dépit de difficultés systémiques globales, certains secteurs ont affiché une expansion mesurable. En 2025, l’Afrique a enregistré la croissance régionale la plus rapide pour ses exportations de services, atteignant 14 pour cent, ce qui témoigne du rôle croissant du commerce des services comme levier d’exportation.

Cette progression a intensifié les débats entre les pays membres de l’OMC sur l’opportunité de mettre un terme au moratoire sur le commerce électronique et d’instaurer des droits de douane sur les services numériques, notamment les téléchargements de logiciels, les livres électroniques et le streaming. Des nations en développement, telles que l’Inde et l’Afrique du Sud, ont plaidé pour la levée du moratoire. Elles estiment que le régime d’exonération douanière illimitée profite de manière disproportionnée aux pays développés et aux grandes entreprises technologiques multinationales, tout en entravant les politiques d’industrialisation numérique intérieure des pays en développement.

Les recherches ont mis en lumière que les pays d’Afrique subsaharienne encourent une perte estimée à 2,6 milliards de dollars de recettes douanières selon les règles actuelles. En outre, les données indiquent que 60 pour cent des petites et moyennes entreprises de la région manquent des infrastructures requises pour satisfaire aux exigences douanières et réglementaires proposées.

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