Londres (Le Parisien Matin) 29 Septembre 2026 – L’intégration économique et commerciale du continent africain repose de manière déterminante sur l’action conjointe de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) et de la Banque Africaine de Développement (BAD). Ces deux institutions multilatérales majeures doivent impérativement intensifier leurs efforts financiers et opérationnels pour surmonter les déficits persistants en matière de liquidités et d’infrastructures. Cette dynamique est jugée indispensable pour concrétiser pleinement les potentialités de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) et stimuler les échanges intrarégionaux.
Les impératifs du financement du commerce par Afreximbank
Le premier obstacle structurel au développement des échanges commerciaux en Afrique réside dans l’insuffisance chronique des facilités de crédit et des solutions de financement adaptées aux entreprises locales. Selon les analyses économiques récentes, les acteurs du secteur privé ne peuvent pas commercer des biens et des services si les liquidités nécessaires font défaut pour sécuriser et fluidifier les transactions.
Afreximbank joue un rôle pivot dans la réduction de ce déficit financier à travers le déploiement de lignes de crédit d’envergure, de garanties de transaction et de programmes de soutien aux PME. Les interventions régulières de l’institution bancaire permettent d’atténuer les risques perçus par les marchés financiers internationaux et facilitent l’établissement de réseaux d’approvisionnement et de distribution viables à l’échelle transfrontalière. L’élargissement de ces instruments de soutien financier constitue une condition sine qua non pour stimuler la production industrielle locale et encourager la valeur ajoutée sur place.
Le développement des infrastructures de transport et d’énergie par la BAD
En parallèle des contraintes de financement commercial, le continent fait face à d’importants goulets d’étranglement logistiques et énergétiques qui entravent la libre circulation des marchandises. Pour pallier ces carences, la Banque Africaine de Développement (BAD) concentre ses efforts stratégiques sur la construction et la réhabilitation des corridors de transport, des réseaux routiers, des liaisons ferroviaires et des infrastructures de production électrique.
La mise en réseau efficace des économies africaines dépend directement de la qualité des interconnexions physiques entre les pays membres. Sans des réseaux de transport performants et des coûts énergétiques maîtrisés, les barrières logistiques continuent de peser lourdement sur la compétitivité des entreprises régionales. Les programmes d’investissement de la BAD ciblent prioritairement ces secteurs structurants afin d’abaisser les barrières non tarifaires et de réduire les délais d’acheminement des produits au sein du marché unique.
La convergence institutionnelle et les synergies opérationnelles
Pour maximiser l’impact de leurs interventions respectives, Afreximbank et la BAD renforcent leur coordination avec les instances de l’Union Africaine et le secrétariat de la ZLECAf. La synergie entre le financement des transactions commerciales et le développement des infrastructures physiques garantit une approche holistique de l’intégration économique.
Les experts soulignent que la réussite de la zone de libre-échange continentale ne relève pas d’une initiative isolée, mais d’une transformation structurelle profonde nécessitant des investissements massifs et concertés. L’alignement des stratégies institutionnelles sur les priorités de développement industriel et d’autonomie financière de l’Afrique demeure au centre des priorités opérationnelles des deux banques pour les années à venir.


