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Strasbourg (Le Parisien Matin) octobre 27, 2026 – Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a adopté une résolution et une recommandation soulignant la nécessité pour les communautés côtières européennes de planifier dès à présent le retrait stratégique des habitations, des entreprises et des infrastructures situées sur les littéraux. Présenté lors de la 51e session à Strasbourg, le rapport indique que les pertes économiques dues à l’érosion côtière dépassent actuellement un milliard d’euros par an dans 28 pays européens et pourraient atteindre 800 milliards d’euros annuels d’ici la fin du siècle, incitant les autorités locales et nationales à anticiper les relocalisations pour protéger les populations et les budgets.

Nécessité d’une Planification Stratégique face à l’Érosion Côtière

La question de l’érosion côtière et de la vulnérabilité des littéraux a été placée au centre des discussions lors de la première journée de la session d’automne du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe. Les co-rapporteurs Anthony Buchanan (Royaume-Uni, ILDG) et Fanis Spanos (Grèce, EPP/CCE) ont présenté un rapport intitulé

« Comment pouvons-nous faire face à l’érosion côtière ? »,

mettant en lumière l’urgence d’une action coordonnée à l’échelle européenne.

Selon les données fournies lors de la session, près de la moitié de la population européenne réside à proximité des côtes. Les littéraux constituent des zones majeures pour les infrastructures, l’activité économique ainsi que pour le patrimoine culturel et naturel. Cependant, plus d’un quart des côtes européennes subissent actuellement des phénomènes d’érosion, exposant les familles et les biens à des risques accrus pour les droits fondamentaux liés à la vie, à la vie privée et à la propriété.

Statistiques et Projections Économiques et Environnementales

Les intervenants ont souligné que l’occupation continue des zones à haut risque engendre des coûts croissants. Actuellement, les pertes économiques dépassent un milliard d’euros par an dans 28 pays européens. En l’absence de mesures correctives et efficaces, ces pertes financières pourraient s’élever jusqu’à 800 milliards d’euros par an d’ici la fin du siècle.

Fanis Spanos a rappelé l’importance socio-économique des régions côtières, précisant que 40 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Europe provient de ces zones, tandis que 80 % des côtes de basse altitude font face à des risques futurs d’érosion.

De son côté, Anthony Buchanan a mis en avant les limites des méthodes de défense traditionnelles, telles que la construction de murs maritimes, qui deviennent de moins en moins durables. Cette situation s’explique par le fait que le rythme de l’élévation du niveau de la mer a doublé au cours des dernières années, avec une prévision d’augmentation supplémentaire de 44 centimètres d’ici 2100. Parallèlement, les tempêtes gagnent en intensité et en fréquence, et les ondes de tempête extrêmes devraient se produire entre 20 et 30 fois plus souvent d’ici 2050.

Vers un Retrait Planifié et le Déplacement des Infrastructures

Face à ces perspectives, le rapport préconise une transition urgente vers un « retrait planifié » pour un grand nombre de zones côtières en Europe. Cette approche implique d’interdire ou de restreindre les nouveaux développements et de relocaliser les habitations, les entreprises et les infrastructures essentielles – telles que les réseaux routiers et ferroviaires – vers des emplacements intérieurs plus résilients au changement climatique.

Le document cite l’exemple de la France, où environ 900 kilomètres de littoral continental reculent, touchant plus de 500 municipalités. À Quiberville-sur-Mer, un investissement de 9 millions d’euros a permis de déplacer un camping public vers l’intérieur des terres, une relocalisation ayant entraîné par la suite une augmentation de 25 % des revenus municipaux.

Le Congrès note également que redonner de l’espace aux plages, aux dunes et aux zones humides pour qu’elles se déplacent vers l’intérieur des terres contribue à la préservation des habitats naturels et de leurs bénéfices écologiques globaux.

Rôle et Responsabilités des Autorités Locales et Régionales

La résolution adoptée par le Congrès stipule que les autorités locales et régionales doivent jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre de ces politiques d’adaptation. Il leur est recommandé d’actualiser les cartes des risques, d’introduire et de réexaminer périodiquement des zones de non-construction et des zones tampon, ainsi que d’élaborer des plans d’adaptation évaluant les conséquences juridiques, sociales et financières des différents choix possibles.

Les collectivités sont également encouragées à utiliser des politiques d’aménagement du territoire, à accorder des utilisations temporaires des sols et à innover au moyen de bâtiments et d’actifs démontables. Toutefois, le Congrès insiste sur le fait que cette planification doit impérativement s’effectuer en concertation avec les populations concernées. Une consultation transparente, une information publique claire et un soutien politique durable sont jugés essentiels pour préserver les moyens de subsistance, le patrimoine côtier et les communautés vulnérables.

Appel aux Autorités Nationales pour un Cadre et un Financement

Dans sa recommandation connexe, le Congrès s’adresse aux autorités nationales afin qu’elles fournissent les cadres juridiques, les financements, l’expertise et le soutien nécessaires pour garantir une relocalisation planifiée qui soit à la fois équitable et réalisable. Cela inclut la mise en place de dispositifs d’aide au rachat et à la relocalisation, de baux à durée limitée et d’arrangements en matière d’assurance.

Le texte rappelle enfin l’importance de maintenir un engagement global en faveur de l’environnement, le Congrès prévoyant de poursuivre ses travaux sur la thématique environnementale lors de sa session, notamment à travers un débat urgent consacré à la reconnaissance du droit à un environnement propre, sain et durable au niveau local.

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