Après les restrictions par pays, place désormais à la santé : l’administration Trump veut conditionner l’accès au territoire américain à l’état physique des candidats à l’immigration. Une nouvelle directive, surnommée par ses détracteurs « l’interdiction pour obésité », pourrait permettre aux agents consulaires de refuser un visa à toute personne jugée à risque médicalement.
Obésité, Immigration, Obésité…
Un document interne révélé par le Daily Mail montre que la règle permettrait aux autorités d’évaluer si un demandeur de visa risque de représenter « une charge financière pour le système de santé américain ».
En clair, si un agent estime qu’un individu pourrait coûter cher à l’État, il pourrait tout simplement lui refuser l’entrée.
Les pathologies concernées sont vastes : obésité, maladies cardiovasculaires, respiratoires, cancers, diabète, troubles métaboliques, neurologiques ou mentaux.
Pour chaque demande, la question clé sera désormais : « Le demandeur peut-il subvenir seul à ses besoins médicaux sans avoir recours à l’aide publique ? »
Cette approche reprend la logique de la règle du “fardeau public”, déjà mise en avant par l’administration Trump pour limiter les aides sociales accordées aux immigrés.
La Maison-Blanche défend une “mesure de bon sens”
Interrogé par le Daily Mail, Tommy Pigott, porte-parole de la Maison-Blanche, a assumé pleinement la mesure :
« Nous défendons le peuple américain. Nos politiques visent à garantir que notre système d’immigration ne devienne pas un fardeau pour le contribuable. »
Pour les partisans de cette directive, il s’agit d’une question d’efficacité budgétaire. Ils estiment que le pays ne peut pas accueillir des étrangers nécessitant des traitements coûteux à long terme, au moment où les États-Unis dépensent déjà des milliards dans leur propre système de santé.
Mais les associations de défense des droits des immigrés y voient une politique discriminatoire, injuste et dangereuse, qui stigmatise des millions de personnes souffrant de problèmes de santé courants.
Chasse aux faibles, chasse aux obèses
Pour Adriana Cadena, directrice de l’organisation Protecting Immigrant Families, cette mesure va bien au-delà de la santé publique :
« Son ampleur et son opacité sèment la peur. Elle dissuade les immigrés légaux et même des citoyens américains issus de familles immigrées de demander les soins auxquels ils ont droit. »
Les juristes spécialisés en immigration estiment, eux, que cette directive transforme profondément la philosophie du système.
L’avocat Steven Heller explique :
« Avant, on encourageait les agents à examiner les dossiers avec bienveillance. Aujourd’hui, on leur donne le feu vert pour refuser sur la base du moindre doute. La santé devient une arme administrative. »
Autrement dit, le principe d’évaluation “globale” du dossier, censé protéger les demandeurs, devient un outil pour les écarter plus facilement.
Un durcissement général de l’immigration américaine
Les États-Unis délivrent chaque année environ 85 000 visas H-1B, principalement pour des travailleurs qualifiés, dont près des trois quarts sont originaires d’Inde. Mais en 2025, les demandes sont tombées à leur plus bas niveau en quatre ans, selon les données du USCIS.
Par ailleurs, 12 pays, dont l’Iran, la Somalie, le Soudan, le Yémen ou encore la Libye, font désormais l’objet d’une interdiction totale d’entrée sur le territoire, tandis que sept autres, comme Cuba ou le Venezuela, subissent des restrictions partielles.
Donald Trump l’a dit sans détour dans une vidéo officielle :
« Nous ne voulons pas de gens que nous ne pouvons pas filtrer correctement. Nous ne pouvons pas avoir de migration ouverte avec des pays à risque. »


