PARIS, 27 juillet (Le Parisien Matin) – Le groupe Canal+ a officialisé un accord sans précédent avec la filière cinématographique française.
Le diffuseur s’engage à investir 980 millions d’euros, soit 1,11 milliard de dollars, sur cinq ans à partir de 2028 pour soutenir le cinéma français et européen.
Il s’agit du plus important engagement financier jamais pris par le groupe en faveur du septième art.
Un engagement inédit de 980 millions d’euros
L’accord couvre à la fois la chaîne Canal+ et les chaînes Ciné+ OCS. Il a été conclu avec les principales organisations professionnelles du secteur, dont l’ARP, le BLIC et le BLOC, qui rassemble des syndicats de réalisateurs et de producteurs comme la SRF, le SPI, l’UPC, DIRE, le SDI et AnimFrance.
Par son ampleur, sa durée et les obligations qu’il impose, cet accord entre un diffuseur et l’industrie du cinéma est inédit selon Canal+.
L’enveloppe vise à soutenir des secteurs clés de la création, notamment les premiers films, les talents émergents, le cinéma d’animation, la diversité et les films du milieu.
Présent dans plus de 70 pays avec 15 000 collaborateurs et plus de 40 millions d’abonnés dans le monde, Canal+ entend ainsi consolider son rôle de premier financeur du cinéma en France.
En contrepartie de cet investissement record, Canal+ conserve un atout majeur dans la chronologie des médias.
Le groupe pourra proposer à ses abonnés les films français, européens et internationaux seulement six mois après leur sortie en salles.
Cette fenêtre de diffusion rapide reste un argument central pour fidéliser ses abonnés face à la concurrence des plateformes internationales et confirme la place centrale de Canal+ dans l’écosystème de distribution après l’exploitation en salle.
Un accord signé sur fond de crise avec Vincent Bolloré
Cet engagement historique intervient dans un climat de fortes tensions.
En mai dernier, environ 600 professionnels du cinéma avaient signé une pétition dénonçant l’influence croissante de Vincent Bolloré, principal actionnaire du groupe, accusé de porter un agenda d’extrême droite à travers ses holdings médias.
La direction avait alors menacé de blacklister les signataires, provoquant une onde de choc dans toute la profession. Le nouveau pacte apparaît comme une tentative de réconciliation.
Le président du directoire, Maxime Saada, a déclaré que cet investissement réaffirme le soutien au
« cinéma, sa puissance, sa créativité et sa diversité ».


