BRUXELLES, 4 juillet (Le Parisien Matin) – Les échanges de marchandises entre l’Union européenne et les États-Unis ont atteint un niveau record de 875 milliards d’euros l’année dernière, malgré la persistance des tensions douanières. Cette dynamique commerciale, révélée par une étude de l’Institut économique allemand (IW), dissimule néanmoins des disparités sectorielles majeures qui pèsent sur l’industrie européenne.
Les exportations de l’Union européenne vers les États-Unis ont enregistré une hausse de 7,7 %, atteignant 580 milliards d’euros. Parallèlement, les importations américaines au sein du bloc européen ont progressé de 2,2 %, totalisant 295 milliards d’euros. Ce déséquilibre porte l’excédent commercial européen à près de 285 milliards d’euros. Selon l’étude, une partie de cette hausse s’explique par une anticipation des exportateurs face à l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs douaniers en avril dernier.
L’industrie manufacturière européenne a subi des dommages notables, particulièrement dans le secteur automobile. Les exportations de voitures et de pièces détachées vers le marché américain ont chuté de 20,4 %. L’Allemagne, principal moteur de ces échanges, a été la plus durement touchée avec une baisse de 18,9 % de ses exportations automobiles. À l’inverse, l’Irlande a affiché une croissance exceptionnelle de 52,7 %, portée par ses secteurs pharmaceutique et chimique, qui bénéficient d’une exemption de droits de douane.
« Cette première impression est trompeuse », a déclaré l’économiste de l’IW, Samina Sultan.
Le commerce des services a également atteint un sommet historique, s’élevant à 865 milliards d’euros. Contrairement aux marchandises, ce segment affiche un déficit de 178 milliards d’euros pour l’Union européenne. Les frais de propriété intellectuelle, incluant les licences logicielles et les brevets, représentent plus de 40 % des importations de services en provenance des États-Unis. Si ce secteur reste pour l’instant épargné par les tarifs douaniers, il subit d’autres pressions, notamment une baisse de 8 % des importations de services de voyage.
L’étude pointe également l’impact de l’accord commercial dit de « Turnberry », jugé asymétrique mais nécessaire. Les auteurs rappellent que toute nouvelle menace tarifaire ne ferait qu’accroître l’incertitude pour les entreprises des deux côtés de l’Atlantique. L’Institut économique allemand préconise donc le maintien de cet accord comme une solution viable pour stabiliser les relations transatlantiques à long terme.


