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Éditorial

Le plan secret de relocalisation d’Afghans en Angleterre

Christine MorettoPar Christine Morettodimanche, 20 juilletAucun commentaire5 Min Temps de lecture
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Le gouvernement anglais a dépensé des milliards pour soutenir les réfugiés Afghans, bien que le pays ait une économie en berne et des citoyens qui ne consentaient pas à cela
Le gouvernement anglais a dépensé des milliards pour soutenir les réfugiés Afghans, bien que le pays ait une économie en berne et des citoyens qui ne consentaient pas à cela. ©AFP/Getty Images
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Pendant près de deux ans, le gouvernement britannique a dissimulé un programme de relocalisation de milliers d’Afghans, mis en place après une erreur qui aurait pu coûter la vie à beaucoup d’entre eux. L’affaire a été rendue publique seulement cette semaine après la levée d’une injonction judiciaire interdisant toute révélation.

En février 2022, un employé du ministère de la Défense a envoyé un fichier contenant les informations personnelles de près de 19 000 Afghans ayant demandé à être accueillis au Royaume-Uni. Le document, transmis en dehors des systèmes sécurisés, contenait noms, contacts et détails familiaux de personnes cherchant à fuir l’Afghanistan après la prise de pouvoir des Talibans à l’été 2021.

Un silence imposé à la presse et au Parlement

Après la découverte de la fuite en août 2023, lorsqu’une partie des informations a été repérée sur Facebook, le gouvernement de l’époque a réagi pour empêcher tout débat public. Il a obtenu une injonction dite « super-injunction » : un ordre judiciaire qui interdit la publication des informations et l’existence même de l’injonction. Pendant des mois, ni la presse ni le Parlement n’ont eu connaissance de ce qu’il se passait.

Le juge qui a levé cette interdiction mardi a expliqué que ce silence avait créé un « vide de contrôle » démocratique, qui empêche tout mécanisme normal de redevabilité.

Cette mesure a gravement nui à la liberté d’expression et le fonctionnement transparent attendu dans un pays démocratique.

Des milliards dépensés pour protéger les personnes menacées

Après la fuite, le gouvernement britannique a créé un nouveau programme de relocalisation, baptisé Afghan Response Route (ARR), pour protéger ceux qui se retrouvaient en danger à cause de la divulgation de leurs données.

Jusqu’à présent, environ 4 500 Afghans sont arrivés au Royaume-Uni grâce à ce dispositif. Au total, le programme pourrait coûter entre 800 et 850 millions de livres sterling (environ 1,75 milliard d’euros).

La somme globale dépensée pour l’ensemble des programmes de réinstallation afghans, y compris ceux existant avant la fuite, atteint environ 7 milliards de livres sterling (plus de 8 milliards d’euros).

La presse britannique a été un peu confuse par ces chiffres : certains journaux ont parlé d’un programme secret de 7 milliards et d’autres ont précisé qu’il s’agissait du coût cumulé de plusieurs dispositifs, et non du seul ARR.

Cette affaire entâche la réputation du pays

Des juges ont dit qu’il était possible que des Talibans ou des personnes liées à eux aient eu accès au document publié sur Facebook.

Un rapport interne du ministère de la Défense a heureusement conclu qu’il était peu probable qu’une personne ait été prise pour cible uniquement en raison de la fuite, car le fichier n’aurait pas circulé autant qu’on le craignait au départ.

Toutefois, aucune donnée n’a été communiquée sur d’éventuelles arrestations ou exécutions liées à cette erreur administrative.

Des excuses officielles, mais peu de réponses

Le ministre de la Défense, John Healey, a présenté ses excuses aux personnes concernées en reconnaissant « une faute grave du ministère ». Il a précisé que l’auteur de la fuite, un employé dont l’identité n’a pas été révélée, n’avait pas agi intentionnellement. L’erreur provenait simplement de l’envoi d’un fichier Excel via un canal non sécurisé.

Kemi Badenoch, cheffe du parti conservateur, a elle aussi exprimé ses regrets : « Quelqu’un a fait une terrible erreur et des noms ont été divulgués. Nous sommes désolés. Cela ne devrait jamais arriver. »

Une opération menée dans le plus grand secret

Le programme ARR a été lancé neuf mois après la découverte de la fuite, sans que la presse ou le Parlement ne soient informés. Le gouvernement estimait alors qu’il devait agir discrètement pour limiter les risques supplémentaires pour les personnes concernées.

Dans sa décision, le juge Chamberlain a révélé que l’ancien ministre de la Défense, Ben Wallace, avait personnellement demandé cette injonction de grande ampleur.

Elle avait été prolongée en novembre 2023 pour éviter que les Talibans ne découvrent l’existence du fichier. Finalement, l’injonction a été levée car le ministère a conclu que les Talibans disposaient probablement déjà de ces informations et que maintenir le secret ne réduirait pas le danger.

Des bénéficiaires parfois controversés

Selon le Daily Telegraph, les afghans ayant obtenu un droit de séjour grâce à ce programme avaient vu leurs demandes précédentes rejetées pour des motifs graves, dont des agressions sexuelles ou des actes violents.

Ces arrivées s’ajoutent aux 36 000 Afghans relocalisés depuis la prise de pouvoir des Talibans en 2021.

Keir Starmer, actuel Premier ministre, a dénoncé un « scandale inacceptable » et promis que son gouvernement répondrait à ses obligations envers les Afghans ayant servi aux côtés des forces britanniques, tout en exigeant des explications sur la gestion opaque de ce dossier.

Le président de la Chambre des communes, Lindsay Hoyle, a affirmé que cette affaire soulevait « de grandes questions constitutionnelles » et qu’il souhaitait réfléchir aux enseignements à en tirer pour éviter qu’un tel contournement de la démocratie ne se reproduise.

afghan Afghanistan Réfugiés Talibans
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