PARIS, 2 juillet (Le Parisien Matin) – Le parquet européen (EPPO) a lancé une vaste opération d’enquête visant le Rassemblement national, soupçonné d’avoir détourné 4,3 millions d’euros de fonds de l’Union européenne. Cette procédure judiciaire fait suite à des soupçons pesant sur la gestion financière de l’ancien groupe parlementaire Identité et Démocratie, dissous en 2024.
Les autorités judiciaires ont coordonné des perquisitions simultanées dans plusieurs pays, notamment en France, en Espagne, en Italie et en Belgique. L’opération ciblait particulièrement les bureaux et résidences privées de prestataires de services en communication liés à cette alliance politique européenne. Les enquêteurs cherchent à vérifier l’utilisation réelle des fonds alloués au groupe Identité et Démocratie durant son existence.
L’enquête se concentre sur l’usage présumé de contrats de services fictifs et de méthodes d’approvisionnement irrégulières. Selon les éléments d’un audit parlementaire, une partie significative des fonds européens aurait financé des activités politiques nationales françaises plutôt que des travaux législatifs au sein du Parlement européen. Les investigations révèlent également des faits insolites, certains montants ayant été versés sous forme de dons à des structures locales, incluant une association dédiée à la stérilisation de chats errants.
Une part substantielle des 4,3 millions d’euros aurait été redirigée vers deux sociétés de communication appartenant à Frédéric Chatillon, un proche conseiller de Marine Le Pen, et à son épouse. Ces révélations interviennent dans un contexte de pression judiciaire accrue sur les cadres du parti. Marine Le Pen attend actuellement une décision concernant une éventuelle peine d’inéligibilité liée à une autre affaire de postes fictifs, tandis que Jordan Bardella fait l’objet de signalements concernant l’usage de fonds européens pour des besoins de communication personnelle.
Le Rassemblement national a rejeté en bloc les accusations de détournement de fonds et de falsification de documents. Jordan Bardella, président du mouvement, a publiquement qualifié ces procédures judiciaires d’opération de harcèlement visant à interférer avec le calendrier électoral français.
« Ces actions judiciaires ne sont rien d’autre qu’une opération de harcèlement politique destinée à déstabiliser notre mouvement à l’approche des échéances électorales », a déclaré Jordan Bardella en réponse aux perquisitions.


