Après des semaines d’impasse, les représentants européens ont enfin poussé un soupir de soulagement. Vendredi 18 juillet, Robert Fico, Premier ministre slovaque, a levé son opposition au 18ᵉ ensemble de sanctions contre la Russie depuis l’attaque de l’Ukraine en 2022.
La Slovaquie bloquait le processus depuis un mois, alors que tous les autres pays membres avaient donné leur feu vert, y compris la Hongrie de Viktor Orban, pourtant réputée proche de Moscou.
Robert Fico a annoncé la nouvelle dans une vidéo publiée sur Facebook, dans laquelle il s’est vanté d’avoir obtenu des garanties financières de la Commission européenne en échange de son accord. Continuer à s’opposer à ces sanctions aurait nui aux intérêts économiques de son pays. Ces dernières semaines, il avait pourtant rencontré Vladimir Poutine à deux reprises en Russie.
La Slovaquie, toujours accrochée à l’énergie russe
La dépendance énergétique de la Slovaquie à la Russie reste forte. Depuis 2022, elle n’a réduit ses importations de gaz russe que d’un tiers.
Lors des négociations, Bratislava a réussi à obtenir une baisse des frais liés au transit du pétrole et du gaz traversant ses frontières. Elle a aussi reçu la promesse d’une aide européenne pour limiter l’impact d’éventuelles flambées des prix du gaz.
Enfin, l’UE a accepté que des fonds européens servent à compenser les pertes liées à l’arrêt, jugé inévitable par Bruxelles, des importations de gaz russe.
Réduire les revenus pétroliers de Moscou, l’UE y voit un impératif
Le nouveau paquet de sanctions contient une mesure phare : l’abaissement du plafond imposé au prix du pétrole russe vendu à l’étranger. Jusqu’ici fixé à 60 dollars le baril, il passe désormais à 45 dollars. L’objectif est clair : priver le gouvernement russe d’une partie des ressources qui financent ses opérations militaires en Ukraine.
L’Union européenne suit ici la logique du G7, qui avait mis en place ce plafond en 2022. Concrètement, les compagnies pétrolières européennes et les sociétés d’assurance maritime n’auront plus le droit de faciliter la vente de pétrole russe si son prix dépasse 45 dollars le baril. Bruxelles espère que le Canada et le Japon rejoindront cette initiative, même si, pour l’instant, Washington ne prévoit pas d’aller plus loin que le plafond décidé en 2022.
Une liste noire qui s’allonge encore
Le paquet adopté vendredi ne s’arrête pas au pétrole. Il interdit également toute transaction liée aux gazoducs Nord Stream en mer Baltique, afin d’empêcher leur remise en service dans les années à venir. Plus de cent navires appartenant à la « flotte fantôme » russe, un réseau de vieux tankers permettant à Moscou d’exporter discrètement son pétrole, sont ajoutés à la liste noire européenne.
Par ailleurs, vingt-deux nouvelles banques russes sont exclues du système de paiements internationaux Swift, compliquant leurs échanges financiers avec le reste du monde. Une raffinerie appartenant à Rosneft en Inde se retrouve également sanctionnée, tout comme deux banques chinoises, car Bruxelles cherche à freiner les partenariats de Moscou avec des acteurs extérieurs à l’UE.
L’UE est ravie des sanctions
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité de ces nouvelles sanctions, qu’il décrit comme « essentielles » pour affaiblir l’armée russe et espérer reprendre l’avantage sur le terrain. Du côté russe, le Kremlin communique vouloir limiter l’impact de ces mesures et prévient que l’Europe risque elle-même d’en subir les conséquences.
Vendredi, le Royaume-Uni a annoncé qu’il rejoignait l’UE sur le plafonnement du pétrole russe. Pour David Lammy, ministre britannique des Affaires étrangères, il s’agit d’atteindre le cœur du secteur énergétique russe afin de l’empêcher de continuer ses attaques en Ukraine.


