L’Ukraine s’est réveillée ce matin dans un paysage assombri par la fumée. Les alarmes et les coupures d’électricité ont rythmé ce réveil brutal. Une attaque d’une ampleur exceptionnelle avec 653 drones et 51 missiles lancés par la Russie a frappé le pays en pleine nuit, ce qui pousse Kiev à déclarer l’état d’urgence national. Les autorités ukrainiennes affirment avoir intercepté une grande partie des engins, mais les dégâts sont considérable. Les infrastructures énergétiques sont mutilées, les gares touchées, et des milliers de foyers sont alors privés de chauffage ou d’eau.
À Fastiv, à une soixantaine de kilomètres de Kyiv, le bâtiment principal de la gare a pris feu après l’impact d’un drone. Plus à l’ouest, des régions jusque-là épargnées, comme Lviv ou Tchernihiv, ont vu leurs sites énergétiques visés. Dans le sud, près de 10 000 habitants d’Odessa sont sans chauffage, et plus de 30 000 sans eau courante, selon le gouvernement ukrainien.
Dans ce pays déjà plongé dans un hiver difficile, les coupures tournantes d’électricité annoncées par le pouvoir donnent la mesure de la fragilité du réseau. La centrale de Zaporijjia, encore sous contrôle russe, a même perdu temporairement son alimentation externe pendant la nuit. C’est un épisode que l’AIEA suit désormais avec inquiétude.
La Moldavie secouée par ces aggressions
Les conséquences des frappes ont traversé la frontière jusqu’en Moldavie où les habitants ont subi des perturbations massives sur leur réseau électrique, visiblement incapable d’encaisser les variations provoquées par les attaques en Ukraine. Chisinau a demandé en urgence l’assistance de la Roumanie pour éviter un blackout.
Des négociations encore plus perturbées
Cette poussée de violence tombe au pire moment diplomatique. À Bruxelles, les discussions sur un possible plan américain de sortie de crise sont déjà tendues. Paris et plusieurs capitales européennes voient dans la proposition de Washington une approche trop accommodante envers Moscou, au point de réduire la crédibilité d’une paix « juste ».
Emmanuel Macron, qui tente de repositionner l’Europe au centre du jeu diplomatique, s’est envolé lundi pour Londres, où l’attendaient Volodymyr Zelensky, Keir Starmer et Friedrich Merz. Un mini-sommet pour réaffirmer la ligne européenne face à la médiation américaine et combler une fracture stratégique qui ne cesse de s’élargir.
Pendant que l’Ukraine lutte pour rétablir la lumière, l’Europe s’inquiète aussi de ses propres équilibres énergétiques.
À 4 h 45, le prix spot de l’électricité est tombé à 10 €/MWh, son plus bas niveau de la journée, loin du pic de 68 €/MWh observé en soirée. Une respiration bienvenue pour les ménages, mais insuffisante pour calmer les inquiétudes : la moyenne du mois reste élevée, et aucune heure négative n’a été observée depuis janvier.
Dans les couloirs de Bercy, Roland Lescure explore des pistes pour faire baisser durablement la facture française, alors même que les mutuelles annoncent déjà des hausses de tarifs pour 2026. Le gouvernement sait combien le pouvoir d’achat reste un nerf politique à vif.
Une coordination Europe-Amérique qui s’annonce infructueuse
Alors que Washington et Kiev discutent difficilement en Floride, l’Europe tente d’imposer sa voix et Moscou semble vouloir rappeler que le tempo du conflit reste entre ses mains.
Zelensky accuse le Kremlin de vouloir « plonger des millions d’Ukrainiens dans la souffrance ». Le message russe, lui, fait mine de rester technique : les frappes auraient visé des sites industriels liés à l’effort de guerre ukrainien.
Dans les faits, la population civile continue de payer le prix le plus lourd.


