15 août (Le Parisien Matin) – Un homme a tenté de s’approprier la succession de son ex-compagne décédée à l’âge de 46 ans, estimée à 580.000 euros, en produisant devant la justice un faux testament daté du 10 mai et un faux certificat de mariage secret à Chypre en 2006, afin d’écarter la fille de la défunte désignée comme unique héritière.
Un testament authentique au profit de la fille mineure
En 2022, la mère de famille avait rédigé un testament authentique. Elle y avait désigné sa fille, alors âgée de 16 ans, comme héritière de l’ensemble de ses biens.
Ce document confiait l’intégralité du patrimoine à l’adolescente. Sa valeur fut estimée à 580.000 euros par les proches.
Après le décès de la quadragénaire, son ex-compagnon est intervenu dans la procédure successorale. Il a présenté un second testament.
Ce document, daté du 10 mai, ne mentionnait plus la fille. Il désignait l’homme comme seul bénéficiaire de la succession.
Pour renforcer sa revendication, l’ex-compagnon a affirmé avoir épousé la défunte en secret. Il a situé cette union à Chypre, en 2006.
Il a fourni à l’appui un certificat de mariage censé avoir été établi sur place. La famille de la défunte a immédiatement douté de l’authenticité de ces pièces.
Des soupçons ont porté sur l’incohérence chronologique des documents. Les proches ont alors mandaté des avocats pour procéder à des vérifications.
Des vérifications internationales qui ont fait s’effondrer le dossier
Les avocats ont saisi les autorités chypriotes pour vérifier l’existence de l’union. La réponse fut formelle : aucun mariage correspondant n’avait été enregistré à la date indiquée.
L’enquête a révélé un autre élément accablant. L’officier d’état civil censé avoir célébré la cérémonie n’était pas présent ce jour-là.
Le testament présenté par l’ancien compagnon fut soumis à une expertise graphologique. L’analyse a conclu que la signature de la défunte avait probablement été falsifiée.
Interrogé par le tribunal sur ces incohérences, l’homme ne parvint pas à convaincre. La juge qualifia certaines de ses explications d’« absurdes » et d’autres de « véritablement incroyables ».
La justice a tranché en faveur de la version initiale. Elle a conclu que le certificat de mariage et le testament produits par l’ex-compagnon étaient faux.
Le testament rédigé en 2022 par la défunte fut reconnu comme seul document valide. La fille fut confirmée comme unique héritière de la succession.
L’homme fut retiré de ses fonctions d’exécuteur testamentaire et de gestionnaire de la succession. Il lui fut interdit de disposer des biens de son ex-compagne.
Il fut contraint de déclarer les revenus locatifs perçus sur l’un des biens de la défunte. Il fut enfin condamné à payer environ 240.000 euros de frais de justice.


