ANKARA, 10 juin (Le Parisien Matin) – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré ce mercredi que les opérations militaires menées par Israël en Syrie et au Liban ont atteint une intensité telle qu’elles représentent désormais des menaces d’Israël sur la Turquie.
S’exprimant devant les parlementaires de son parti à Ankara, il a souligné que la sécurité nationale de la Turquie est intrinsèquement liée à la stabilité de ces deux pays voisins.
Un péril pour la sécurité régionale
Pour le chef de l’État, la situation actuelle dépasse les frontières locales. Il considère que les actions du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de son gouvernement ne sont pas isolées, mais qu’elles forment un danger global nécessitant une réponse internationale immédiate. Ankara martèle que les menaces d’Israël sur la Turquie découlent directement de cette instabilité chronique à ses frontières méridionales.
La Turquie, membre de l’OTAN, s’est imposée comme l’un des critiques les plus virulents de la politique israélienne. Depuis le début des hostilités, le gouvernement turc a rompu tout lien commercial avec l’État hébreu et multiplie les recours devant les instances judiciaires internationales. Selon Erdogan, ces menaces d’Israël sur la Turquie s’inscrivent dans une stratégie plus vaste visant à embraser la région.
Tensions en Méditerranée et à Chypre
Lors de son discours, le président a élargi son analyse en accusant Israël de mener des actions souterraines visant à déstabiliser l’Afrique et le bassin méditerranéen. Il a particulièrement insisté sur la situation à Chypre, dénonçant des manœuvres destinées à attiser les divisions ethniques sur l’île. Erdogan a averti que toute atteinte aux droits de la Turquie ou des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale entraînerait une réaction ferme et immédiate.
Il a déclaré à ce sujet :
« Les attaques par Netanyahu et son réseau de meurtres sur le Liban et la Syrie ont porté la question à un point où elle menace également la Turquie. »
Il a fustigé ce qu’il nomme des « entités sous-traitantes » qui, selon lui, s’alignent sur les ambitions israéliennes dans la zone maritime. Ces manœuvres sont perçues par Ankara comme des provocations délibérées, augmentant encore le spectre des menaces d’Israël sur la Turquie dans un contexte géopolitique déjà inflammable.
Un appel à la responsabilité mondiale
Le président turc déplore le silence de la communauté internationale face à ce qu’il qualifie d’agression permanente. Il estime que ce manque de réaction nourrit l’audace du gouvernement israélien. Pour Ankara, les menaces d’Israël sur la Turquie sont le symptôme d’un non-respect flagrant de l’État de droit international.
Erdogan appelle les puissances mondiales à prendre des mesures concrètes pour freiner cette escalade. Il a rappelé que le maintien de la paix ne peut reposer sur l’inaction. Alors que les tensions perdurent, la Turquie semble vouloir maintenir une pression diplomatique constante, tout en se préparant à défendre ses intérêts stratégiques face à ce qu’elle perçoit comme des menaces d’Israël sur la Turquie, persistantes et croissantes.


