Trump annonce la phase finale
Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi que les négociations avec l’Iran étaient entrées dans leur phase finale, tout en avertissant que les forces armées mèneraient de nouvelles attaques militaires si un accord de paix ne se concrétisait pas. Cette déclaration intervient après une pause de six semaines de l’opération Epic Fury, la campagne conjointe de bombardements aériens et navals menée par les États-Unis et Israël.
Alors que le cessez-le-feu temporaire arrive à son terme, les discussions pour mettre fin à la guerre n’ont montré que peu de progrès ces derniers jours. Donald Trump a révélé qu’il était sur le point d’ordonner de nouvelles frappes cette semaine, mais qu’il avait suspendu ses ordres à la demande de plusieurs pays voisins du Golfe afin de laisser une dernière chance à la diplomatie.
« Nous sommes dans la phase finale des négociations avec l’Iran. Nous verrons ce qui se passera. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous devrons prendre des mesures un peu dures, mais espérons que cela n’arrivera pas », a déclaré le président américain.
Menaces militaires et exigences américaines
S’exprimant plus tard lors de la remise des diplômes de l’Académie de la Garde côtière des États-Unis, le président a réitéré sa détermination absolue à empêcher Téhéran d’acquérir une arme nucléaire. Protégé par des vitres blindées, il a affirmé aux cadets que l’infrastructure militaire et la marine conventionnelle du régime étaient déjà largement détruites par les premières frappes américaines. Le Pentagone a confirmé que les troupes restaient prêtes à intervenir immédiatement en cas de rupture définitive des discussions.
Les exigences américaines pour mener à bien ces délicates négociations avec l’Iran incluent un gel complet de tout enrichissement d’uranium pendant au moins douze ans et la remise totale du stock d’uranium enrichi à 60 %. Washington exige également la réouverture inconditionnelle et permanente du détroit d’Hormuz à la navigation internationale, rejetant toute taxe de transit formulée par Téhéran.

Contre-propositions et tensions régionales
De son côté, le gouvernement iranien accuse Washington de planifier une reprise imminente de la guerre, indépendamment du résultat des discussions actuelles. Les Gardiens de la révolution ont prévenu que toute nouvelle agression déclencherait une guerre régionale majeure qui s’étendra cette fois au-delà du Moyen-Orient. Le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, également négociateur en chef, a affirmé que les mouvements visibles et cachés de l’armée américaine prouvaient la préparation de nouvelles frappes.
Téhéran a soumis une nouvelle proposition en 14 points par l’intermédiaire du ministre de l’Intérieur du Pakistan, qui fait office de médiateur neutre entre les deux nations. Cette offre iranienne exige la levée permanente des sanctions économiques, le déblocage des avoirs gelés à l’étranger, le retrait des troupes américaines de la région et le versement de réparations financières pour les dommages de guerre. Le ministère des Affaires étrangères a souligné que le pays poursuivait les négociations avec l’Iran avec sérieux et bonne foi, malgré une forte suspicion envers l’attitude américaine. La république islamique refuse de signer ce qu’elle qualifie de reddition humiliante, affirmant avoir résisté à la campagne de bombardements sans effondrement du régime.
L’Europe face au spectre d’une asphyxie pétrolière
Cette guerre ultra-technologique redéfinit brutalement la souveraineté énergétique de l’Europe, suspendue au sort du détroit d’Hormuz. Pour la France et ses partenaires, l’enjeu dépasse la simple inflation à la pompe : c’est la viabilité de pans entiers de l’industrie lourde et de la chimie qui se joue dans cette impasse diplomatique. Si l’ultimatum américain débouche sur une reprise des bombardements, le Vieux Continent s’expose à un choc d’approvisionnement sans précédent. Les chancelleries européennes, marginalisées par l’axe direct sino-iranien et la médiation pakistanaise, assistent impuissantes à une recomposition géopolitique où le brut ne circule plus que selon le bon vouloir des belligérants, menaçant d’asphyxier durablement l’économie occidentale.
Impact sur le marché de l’énergie
Le conflit en cours a provoqué la plus grande perturbation de l’approvisionnement énergétique mondial de l’histoire en raison de la fermeture partielle du détroit d’Hormuz. Mercredi, deux superpétroliers chinois transportant quatre millions de barils de pétrole ont toutefois pu quitter le détroit, après un assouplissement des règles accordé par Téhéran à la suite d’un sommet à Pékin. Un navire sud-coréen a également traversé la zone en coopération avec les autorités locales. Les espoirs fluctuants suscités par les négociations avec l’Iran ont fait chuter le cours du baril de pétrole Brent de 4,95 %, s’établissant à 105,76 dollars en fin de journée. Les investisseurs restent prudents face aux changements quotidiens de posture de la Maison-Blanche.
Téhéran insiste pour qu’un cessez-le-feu global englobe ses alliés régionaux, une clause rejetée par Washington. Les pertes matérielles américaines s’élèvent déjà à 29 milliards de dollars, intensifiant le débat interne sur l’opportunité de prolonger les négociations avec l’Iran. En cas d’échec, le Pentagone a déjà préparé un plan de contingence ciblant l’île de Kharg pour paralyser totalement les exportations de brut.


