Washington et Tokyo ont intensifié cette semaine leurs exercices aériens conjoints. Ils ont mobilisé des bombardiers stratégiques américains et des chasseurs japonais pour faire face à la Chine. Au-dessus des eaux séparant le Japon de la Corée du Sud, deux B-52 américains ont évolué aux côtés de F-35 et de F-15 japonais, un ballet militaire qui se veut menaçant pour Pékin.
En effet, la Chine multiplie ses démonstrations de puissance dans l’espace aérien et maritime régional avec des survols conjoints avec la Russie, un renforcement visible de ses bases dans les Spratly, et surtout un incident explosif, c’est-à-dire l’illumination radar d’avions japonais par des appareils chinois, un geste perçu comme une préparation potentielle au tir.
Pékin accuse Tokyo de « mettre en scène » la tension
La Chine oppose une fermeté glaciale aux protestations du Japon. Le ministère chinois des affaires étrangères décrit surtout un « discours incohérent » de Tokyo, accusé de volontairement dramatiser la situation et d’utiliser l’incident radar pour créer une rhétorique hostile.
Pékin exige même que le Japon « corrige ses erreurs » et retire des déclarations provocatrices concernant Taïwan, après que la première ministre Sanae Takaichi a laissé entendre, début novembre, qu’une intervention militaire japonaise serait envisageable si Pékin attaquait l’île. Dans la lecture chinoise, Tokyo instrumentalise l’incident pour rallier davantage Washington et ses alliés derrière une stratégie de confrontation.
Tokyo, sous pression, affiche son unité avec Washington
Du côté japonais, le discours est tout autre. Les responsables de la Défense insistent sur une réalité à savoir que l’environnement sécuritaire autour de l’archipel « devient de plus en plus sévère ». Pour Tokyo, les récents exercices Chine–Russie, la multiplication des incursions dans les zones sensibles et les incidents radar constituent un faisceau de signaux inquiétants justifiant un resserrement stratégique avec les États-Unis.
Washington, fidèle à son engagement indo-pacifique, a immédiatement réaffirmé son soutien « sans équivoque ». L’objectif affiché est clair, empêcher toute tentative de modification unilatérale du statu quo par la force, comprendre, dissuader Pékin de toute action brutale dans la région à l’égard de Taïwan ou des îlots disputés.
La France s’en mêlera-t-elle?
La France, puissance indo-pacifique par ses territoires ultramarins et impliquée dans de multiples partenariats de défense avec l’Inde, le Japon ou l’Australie, observe ce durcissement avec prudence. Les intérêts français, comme des routes commerciales à la coopération militaire, dépendent de la stabilité maritime.
À cela s’ajoute une dimension économique. Les pays de l’ASEAN, partenaires clés de la France dans la région, redoutent une militarisation croissante des mers et l’impact sur les échanges.


