Une hypothèse ukrainienne évoquée par Moscou
Pour étayer sa position, le président Vladimir Poutine a suggéré que l’appareil pourrait appartenir aux forces de Kyiv. Il a rappelé que des drones ukrainiens avaient déjà été repérés par le passé dans l’espace aérien de la Finlande, de la Pologne et des États baltes. Selon lui, les premières réactions occidentales consistent toujours à blâmer la Russie avant que les enquêtes ne révèlent une réalité différente.
« Personne ne peut dire quelle est l’origine de tel ou tel drone tant qu’une enquête n’a pas été menée », a déclaré Poutine.
Le dirigeant russe a donc invité les autorités roumaines à partager les données disponibles et les débris de l’aéronef. Cette transmission permettrait aux experts de Moscou de mener une propre investigation sur cet incident frontalier qui a mis les forces de l’Alliance atlantique en état d’alerte.
Les détails d’un crash nocturne à Galați
L’incident s’est produit lors d’une attaque nocturne menée par l’armée russe contre les infrastructures portuaires ukrainiennes d’Izmail, situées le long du Danube. Un drone de type Geran-2, équivalent du Shahed-136 de conception iranienne, s’est dérouté de dix kilomètres. L’appareil a survolé le territoire roumain pendant quatre minutes avant de s’écraser sur le toit d’un immeuble de dix étages à Galați.
Le radar militaire a détecté l’intrusion à 01h52, et l’impact a eu lieu à 01h56, provoquant une explosion et un incendie au dixième étage. Les services de secours ont évacué soixante-dix résidents en pleine nuit. Une mère et son fils de 14 ans ont été traités à l’hôpital pour des brûlures légères et un état de choc psychologique aigu.
La riposte diplomatique et réglementaire de Bucarest
La Roumanie a immédiatement réagi en qualifiant cet événement de violation grave du droit international. Le gouvernement a ordonné la fermeture du consulat général de Russie à Constanța et l’expulsion du consul. De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a condamné un comportement imprudent et réaffirmé la solidarité absolue de l’alliance envers Bucarest.
Sur le plan interne, le ministère roumain de la Défense fait face à des critiques. Bien que deux chasseurs F-16 aient décollé, les militaires ont expliqué qu’intercepter un engin lent à basse altitude au-dessus d’une ville était complexe. De plus, les lois de paix interdisaient le déploiement d’armes antiaériennes sur des propriétés privées sans l’accord des propriétaires. Le gouvernement s’efforce désormais de modifier cette législation en urgence. En réponse, la diplomatie russe a déjà promis des mesures de rétorsion strictes contre les diplomates roumains en poste à Moscou, où Poutine suit de près l’évolution de la situation.


