MOSCOU, 21 juillet (Le Parisien Matin) – Les autorités russes réorientent les approvisionnements en carburant depuis la Sibérie et intensifient les importations en provenance de Biélorussie afin d’éviter des pénuries dans la région de Moscou, la plus peuplée et la plus riche du pays, alors que des attaques de drones ukrainiens perturbent le secteur énergétique national.
Cette crise des carburants se fait ressentir à des degrés divers à travers les onze fuseaux horaires de la Russie depuis le mois de mai, période marquée par l’intensification des frappes ukrainiennes contre les raffineries de pétrole pour affaiblir l’effort de guerre russe.
Impact sur les raffineries
La production globale d’essence en Russie est tombée à l’équivalent d’environ 65 % de la consommation saisonnière moyenne au début du mois de juillet, après avoir manqué de satisfaire la demande pendant plusieurs semaines. Une attaque survenue à la raffinerie de pétrole de Moscou à la mi-juin a provoqué des pénuries et de longues files d’attente dans les stations-service, mais les approvisionnements dans la capitale et sa grande périphérie se sont stabilisés à la mi-juillet, affichant une large disponibilité d’essence et de diesel pour les automobilistes selon les observateurs locaux.
Priorité à la capitale
La région de Moscou abrite vingt-deux millions d’habitants, soit plus d’un sixième de la population totale du pays, et bénéficie traditionnellement d’une priorité d’approvisionnement depuis l’époque soviétique. En revanche, la Crimée annexée subit actuellement la situation la plus critique, ayant suspendu les activités touristiques pour les enfants, instauré un rationnement des carburants et limité les horaires des commerces. Pour compenser les pertes des raffineries endommagées, des cargaisons produites dans l’Oural et en Sibérie ont été acheminées vers la zone moscovite.
Mesures d’urgence
Un négociant a indiqué que la raffinerie d’Achinsk, située dans la région de Krasnoïarsk en Sibérie, approvisionne la capitale en carburant, estimant les flux additionnels à plusieurs centaines de milliers de tonnes métriques. La région consommant environ six millions d’tonnes d’essence par an, le pays a également entamé des importations en provenance de l’Inde pour combler les manques persistants.
« Le marché intérieur des carburants a partiellement stabilisé, bien que la situation reste encore difficile dans certaines régions. »
Cette déclaration du vice-Premier ministre Alexandre Novak met en lumière la fragilité persistante du secteur malgré les transferts massifs de ressources vers les grands centres urbains.


