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Home»Économie»« Fabriqué en France » – Est-ce qu’on fait fausse route?
Économie

« Fabriqué en France » – Est-ce qu’on fait fausse route?

Suzanne LatrePar Suzanne Latrevendredi, 27 juinAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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La sénatrice Anne-Marie Nédelec nous rappelle pourquoi le Fabriqué en France peut être un simple stratagème marketing
La sénatrice Anne-Marie Nédelec nous rappelle pourquoi le Fabriqué en France peut être un simple stratagème marketing
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Le 18 juin, date ô combien symbolique, inspire les discours commémoratifs et représente un nouvel appel à la résistance, celui en faveur du « Fabriqué en France ».

Mais résister à quoi ? Aux produits importés ? Aux prix cassés ? Ou aux illusions créées par un marketing débordant d’imagination ?

Le « Fabriqué en France » serait-il un stratagème marketing?

Anne-Marie Nédélec, sénatrice de Haute-Marne revisite ce sujet avec un brin d’humour. Si le « Fabriqué en France » fait l’objet de salons, d’expositions à l’Élysée et de nombreux discours, il reste minoritaire dans les actes d’achat.

« Le pays de fabrication n’occupe finalement que le 4ᵉ rang dans l’acte d’achat d’un produit, loin derrière le prix, la qualité et même la durée de vie. »


La définition actuelle du « Fabriqué en France est bien trop complexe. Un produit peut être qualifié ainsi alors qu’il n’est que partiellement transformé en France, et ce, sans aucune garantie sur l’origine des matières premières.


Aussi, les consommateurs sont perdus : 92 labels privés ou locaux coexistent, ce qui donne lieu à ce que la sénatrice appelle le « francoçage », ces allégations ambiguës comme « conçu en France », « design français » ou « imprimé en France ».
Il nous faut rappeler nos lecteurs que le drapeau français, non protégé juridiquement, est trop souvent détourné à des fins commerciales.

Un marquage obligatoire pour tous les produits n’est donc pas une si bonne idée : trop coûteux, trop complexe et inutile pour certains biens. En revanche, on pourrait soutenir la sénatrice dans ce qui suit:
➡ Une nouvelle définition, basée sur la valeur ajoutée réellement créée en France ;
➡ Un marquage obligatoire de l’origine pour les produits importés dans l’UE, comme le pratiquent nos partenaires commerciaux ;
➡ La réservation du drapeau français aux produits fabriqués à plus de 50 % en France (en valeur ajoutée) ;
➡ La fin de la tour de Babel des labels, avec un label unique ;
➡ La création d’une plateforme en ligne dédiée aux produits vraiment fabriqués en France.

Par contre, toutes ces mesures n’auront de sens qu’accompagnées d’une politique ambitieuse de réindustrialisation et de relocalisation, notamment dans les secteurs stratégiques.

La commande publique : un levier délaissé pour la réindustrialisation française

En France, la commande publique devrait être un pilier stratégique du redressement productif et de la valorisation du fabriqué France. Or, force est de constater qu’elle est aujourd’hui un « trou noir » pour notre production nationale.

Avec 170 milliards d’euros, soit 8 % du PIB, et plus de 243 000 contrats signés chaque année, elle représente pourtant un levier essentiel pour notre politique économique. Si la France alignait sa commande publique sur le taux de produits nationaux de l’Allemagne, nos entreprises engrangeraient 15 milliards d’euros supplémentaires. Mais ce potentiel reste inexploité.

« La commande publique française est éclatée, dispersée, et sans stratégie cohérente au service de notre production nationale. C’est un gâchis économique qui pénalise notre industrie et notre savoir-faire », dénonce Franck Ménonville. Et pour cause : la France compte 135 000 acheteurs publics contre 30 000 en Allemagne et seulement 3 500 en Italie, générant un morcellement des commandes qui rend toute politique industrielle cohérente impossible.

La situation est aggravée par un excès de prudence paralysant : la France, rare pays européen à pénaliser le délit de favoritisme pour l’ensemble de la commande publique, voit ses acheteurs terrifiés à l’idée de franchir la ligne jaune. Résultat ? La part de produits d’origine française dans les références de l’UGAP, principale centrale d’achat, plafonne à… 1 % : un chiffre qui fait froid dans le dos.

À cela s’ajoute un laxisme coupable : la moitié des marchés publics en volume échappent à toute mise en concurrence du fait de leur faible montant (inférieur à 40 000 euros). Les acheteurs, libres, préfèrent commander sur des plateformes e-commerce sans même vérifier l’origine des produits. « On continue d’acheter à l’autre bout du monde sans mesurer les conséquences sur notre emploi, notre économie, notre environnement. C’est une politique à courte vue qui nous condamne à l’affaiblissement », martèle Ménonville.

Face à ce constat accablant, les pistes sont claires : il faut mesurer la part du fabriqué France dans les achats publics pour piloter une politique active, mutualiser les acheteurs pour massifier les commandes, interdire les appels d’offres TTC qui faussent la concurrence, imposer un critère bas carbone favorisant les circuits courts et locaux, et transférer la tutelle de l’UGAP au ministère de l’Industrie pour sortir d’une logique purement financière à court terme.

Car comme le rappelle avec force Franck Ménonville : « Acheter moins cher à l’instant T, c’est oublier les retombées économiques et sociales de long terme de nos achats. La commande publique doit redevenir un moteur de notre réindustrialisation. »

Anne-Marie Nédélec commande publique Franck Ménonville marchés
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