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Société

Japon : L’archipel hésite à ouvrir ses portes

Christine MorettoPar Christine Morettomercredi, 27 aoûtMise à jour:mercredi, 27 aoûtAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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Des hommes indiens dans le métro de Tokyo : Pour de nombreux japonais, leur posture n'est pas correcte car il est d'usage de ne pas porter de claquettes dehors, ni de parler fort en public.
Des hommes indiens dans le métro de Tokyo : Pour de nombreux japonais, leur posture n'est pas correcte car il est d'usage de ne pas porter de claquettes dehors, ni de parler fort en public.
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Le Japon a longtemps été une île qui protège jalousement son identité, ses traditions et son mode de vie. Pendant des décennies, la ligne a été claire : peu de visas de long séjour, des contrôles stricts et une méfiance quasi instinctive vis-à-vis de l’idée d’accueillir massivement des travailleurs venus d’ailleurs.

Ce modèle est en train de vaciller. Le nouveau Premier ministre, Ishiba, a récemment fait savoir que le pays allait accueillir de grandes vagues de migrants, avec des annonces chiffrées qui ont surpris jusque dans l’opinion japonaise. Pour le moment, le pourcentage de travailleurs étrangers ne s’élevait qu’à 3%.

En mai, Tokyo a ainsi parlé de l’arrivée de cent mille travailleurs venus du Bangladesh. Quelques semaines plus tard, cinquante mille Indiens étaient mentionnés. Les observateurs avertis savent bien que ces chiffres ne représentent que le début : à chaque migrant admis pour raison professionnelle, il faut s’attendre à voir arriver des familles entières.

À cela s’ajoutent des discussions autour de l’accueil de réfugiés de Gaza, et une initiative présentée comme un moyen de rapprocher le Japon de l’Afrique : désigner certaines villes japonaises comme « villes d’accueil » ou « villes jumelles » pour des communautés africaines. Officiellement, il s’agit de partenariats culturels. Officieusement, beaucoup de Japonais craignent que cela ne devienne une porte d’entrée vers une immigration massive.

Le spectre migratoire de l’Occident

Dans l’opinion japonaise, une inquiétude domine et c’est celle de voir le pays suivre le chemin de l’Europe et des États-Unis. Pour beaucoup, ces régions offrent l’exemple à ne pas suivre. À force d’accueillir, disent-ils, l’Occident a perdu une partie de sa cohésion sociale et s’est exposé à des problèmes que personne ne peut plus ignorer comme de l’insécurité, des ghettos, des violences urbaines et des difficultés d’intégration. Le Japon risque de perdre ce qui faisait sa singularité : une société homogène, relativement paisible.

La différence avec l’Occident est que les Japonais n’hésitent pas à exprimer leur désaccord. Des célébrités, des élus et des associations locales critiquent ouvertement ces annonces, et de nouveaux partis qui défendent une ligne plus restrictive connaissent une progression électorale rapide.

Pourquoi ce revirement ?

Si le Japon fait ce choix, c’est avant tout pour une raison démographique. La population vieillit à une vitesse vertigineuse, la natalité est en berne, et l’économie souffre d’un manque criant de main-d’œuvre. Dans les hôpitaux, les usines, les chantiers, les bras manquent. Le gouvernement a trouvé dans l’immigration un outil simple : faire venir ceux qui veulent travailler.

Mais les migrants viennent souvent de pays où la pauvreté est structurelle, où l’éducation et les infrastructures sont fragiles. Peut-on réellement espérer qu’ils soient la solution miracle aux problèmes japonais ? Ceux qui regardent l’expérience européenne en doutent. Ils rappellent que ni la France, ni l’Allemagne, ni le Royaume-Uni n’ont vu leurs économies transformées par ces flux humains. Au contraire, disent-ils, les difficultés sociales se sont multipliées.

Les Kurdes de Saitama montrent un précédent révélateur

L’histoire récente donne déjà un exemple concret. Dans la préfecture de Saitama, au nord de Tokyo, vit une petite communauté kurde d’environ trois mille personnes. Un chiffre dérisoire à l’échelle d’un pays. Pourtant, cette présence a suffi à créer des frictions avec la population locale. Il y a eu des accusations de troubles, non-respect des coutumes, violences. Des manifestations ont eu lieu, des célébrités japonaises s’en sont emparées, et l’affaire a trouvé un écho médiatique bien supérieur à ce qu’aurait produit un dossier similaire en Europe.

Cela montre deux choses : d’abord que même une immigration réduite peut bouleverser un équilibre social perçu comme fragile, ensuite que l’opinion publique japonaise est très sensible à ces questions et n’hésite pas à en parler.

Quand la rumeur s’emballe

Les initiatives récentes autour de « villes africaines » ont fait peur. Des milliers d’appels et de mails ont afflué dans les mairies concernées, certains habitants craignaient alors que leurs villes soient littéralement offertes à des communautés étrangères. Des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux, parlant de « donner » la ville de Kisarazu au Nigeria. Le gouvernement a dû intervenir pour démentir et calmer les esprits. Mais la méfiance reste vive.

immigration Japon kurdes
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