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Home»Moyen-Orient»« Nous répondons avec foi, pas avec vengeance » : à Taybeh, le dernier village chrétien de Cisjordanie
Moyen-Orient

« Nous répondons avec foi, pas avec vengeance » : à Taybeh, le dernier village chrétien de Cisjordanie

Farida MartinsPar Farida Martinsvendredi, 24 octobreMise à jour:vendredi, 24 octobreAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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Taybeh est le dernier village chrétien en Cisjordanie
Taybeh est le dernier village chrétien en Cisjordanie
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Alors que le mot paix réapparaît timidement dans les discours diplomatiques, sur le terrain, les habitants de la Cisjordanie vivent une réalité bien différente. À l’invitation de Développement et Paix – Caritas, deux témoins palestiniens, le père Bashar Fawadleh, curé du village chrétien de Taybeh, et Dalia Qumsieh, avocate et directrice de la Balasan Initiative for Human Rights, ont livré un récit bouleversant de la vie sous occupation.

« Nous ne nous sentons pas en sécurité »

Dans la voix calme du père Bashar, la lassitude se mêle à une foi inébranlable.
Depuis 2021, il est curé de Taybeh, une localité perchée sur les collines à l’est de Ramallah. Le village, connu dans la Bible sous le nom d’Ephraim, lieu où Jésus se serait réfugié après la résurrection de Lazare, est aujourd’hui le dernier village 100 % chrétien de Cisjordanie.

Mais sa sainteté biblique ne le protège plus des violences.

« Depuis octobre 2023, notre village est la cible d’attaques répétées de colons. Ils brûlent les oliveraies, vandalisent les cimetières, jettent des pierres sur les bus scolaires. Même les murs de nos églises portent des graffitis en hébreu : “Vengeance bientôt.” »

Il poursuit, d’un ton las :

« Nous ne nous sentons pas en sécurité. Ni la police israélienne, ni l’Autorité palestinienne ne viennent nous protéger. Nous vivons dans un vide total de justice. »

Les attaques suivent toujours le même schéma. Il y a une appropriation des terres, l’intrusion du bétail, des incendies, puis la destruction des maisons pour pousser les habitants à partir.

Résister autrement : créer, construire, rester

Pourtant, le père Bashar refuse la haine et s’investit plutôt dans des actions concrètes, basées sur sa foi.

« Nous ne réagissons pas par la violence. Nous répondons avec foi, par des actions, pas des réactions », insiste-t-il.

Sous son impulsion, l’Église locale a créé 70 emplois depuis octobre 2023 : ouvriers agricoles, enseignants, encadrants de jeunesse. Elle développe aussi un projet de logements sociaux pour retenir les jeunes couples tentés par l’exil ; vingt appartements doivent voir le jour.

Le prêtre mise également sur la culture, en espérant que cet enrichissement crée un climat de vie plus stable et attractif.

« Nous avons ouvert une école de musique et de danse traditionnelle, et une académie de sport. Quand on ne peut plus se battre pour la terre, il faut se battre pour la dignité. »

Mais les départs se multiplient.

« Beaucoup émigrent aux États-Unis, en Espagne, ailleurs. Et je les comprends… La vie devient insupportable. Mais si un jour cette terre se vide de ses chrétiens, elle perdra aussi sa sainteté », souffle-t-il.

« L’annexion se fait maison par maison »

À ses côtés, Dalia Qumsieh, avocate palestinienne, parle avec une froide clarté juridique.
Elle dirige la Balasan Initiative for Human Rights, une organisation qui documente les violations commises en Cisjordanie.

« Depuis deux ans, la situation s’est dramatiquement détériorée », explique-t-elle.
« L’annexion de facto s’étend. Israël applique désormais sa loi sur des zones censées relever de l’Autorité palestinienne. Les colonies se multiplient, et la violence des colons devient un outil délibéré de déplacement forcé. »

Selon les données qu’elle collecte, au moins 40 000 Palestiniens ont été déplacés à Jenin et Tulkarem depuis le début de l’année.

« À Bethléem, il y a désormais 57 checkpoints. Se rendre à Ramallah, à vingt kilomètres, peut prendre quatre heures. Chaque aspect de la vie quotidienne est dicté par l’occupation. »

Pour elle, les récents accords diplomatiques que certains médias qualifient de « paix » sont une illusion.

« On ne peut pas parler de paix tant que perdure un système d’apartheid et d’annexion. Aucun Palestinien n’a été consulté. Aucun texte ne parle de responsabilité israélienne, ni du droit au retour, ni même du mot “égalité”. Alors de quelle paix parle-t-on ? »

A contrario, le père Bashar reste optimiste

« Nous ne sommes pas des chiffres, ni des victimes éternelles », conclut le père Bashar. « Nous sommes un peuple vivant. Tant que nous serons là, Taybeh restera debout. »

Cisjordanie
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