Après plusieurs années de baisse continue, le chômage repart timidement à la hausse. Les chiffres publiés ce jeudi par l’Insee révèlent que le taux de chômage a augmenté de 0,1 point au troisième trimestre 2025, et atteint 7,7 % de la population active.
Une hausse modeste qui signale un ralentissement durable sur le marché du travail.
Une progression contenue du chômage
L’Insee a aussi révisé à la hausse ses estimations du trimestre précédent et passe maintenant de 7,5 % à 7,6 %. La courbe repart légèrement vers le haut. Le nombre de chômeurs, au sens du Bureau international du travail, augmente de 44 000 personnes, pour atteindre 2,4 millions. La situation reste bien meilleure qu’il y a dix ans : le chômage est encore 2,8 points en dessous de son pic de 2015, où il frôlait les 10,5 %.
Les jeunes sont en meilleure posture que les seniors
Le chômage des jeunes recule de 0,2 point sur le trimestre et s’établit à 18,8 %, soit une baisse de 0,8 point sur un an. Un résultat encourageant en apparence, mais à nuancer. Pour Éric Heyer, économiste à l’OFCE, cette amélioration cache une autre réalité : « Le taux d’emploi des jeunes a lui aussi baissé. Certains ont quitté le marché du travail ou sont retournés en formation après la perte d’un emploi. »
Chez les 50 ans et plus, la tendance est inverse. Leur taux de chômage grimpe de 0,3 point sur le trimestre et atteint 5,1 %.
Le marché du travail est moins dynamique
Pour Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, les chiffres restent encourageants :
« Le chômage des jeunes recule, la part des jeunes sans emploi ni formation diminue, et le CDI progresse. Ce sont des signes positifs dans un contexte économique difficile. »
Mais les économistes sont plus réservés. Depuis un an, la France a perdu de sa dynamique : 119 000 chômeurs supplémentaires ont été recensés. La baisse des aides à l’apprentissage, la prudence des entreprises face à un contexte budgétaire serré et la recherche de gains de productivité ont contribué à ce ralentissement. « On crée moins d’emplois qu’avant », explique Heyer. « La productivité reprend, ce qui veut dire que les entreprises font plus avec moins de monde. Résultat : les destructions d’emplois augmentent. »
Un essoufflement après quatre ans de créations d’emplois
Après presque quatre années d’embellie, l’emploi salarié a reculé pendant quatre trimestres consécutifs. Les secteurs les plus touchés sont ceux qui avaient le plus profité des aides publiques comme l’apprentissage, l’hôtellerie-restauration et certains services.
Pour Yves Jauneau, chef de la division marché du travail à l’Insee, cette évolution était prévisible : « Depuis la pandémie, le nombre d’emplois créés était supérieur à ce que la croissance justifiait. On observe aujourd’hui un rééquilibrage. »
En clair, le marché de l’emploi rattrape la réalité économique : une croissance faible, une consommation en berne et des entreprises plus prudentes.


