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Home»Moyen-Orient»Quels alliés pour l’Iran dans le conflit face aux États-Unis et à Israël ?
Moyen-Orient

Quels alliés pour l’Iran dans le conflit face aux États-Unis et à Israël ?

Ophélie CalichiamaPar Ophélie Calichiamamardi, 31 marsMise à jour:mardi, 31 marsAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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L'école Shajareh Tayyebeh en Iran, suite aux attaques israéliennes. © Mehr News Agency
L'école Shajareh Tayyebeh en Iran, suite aux attaques israéliennes. © Mehr News Agency
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Depuis le 28 février 2026, l’Iran est au cœur d’un conflit impliquant les États-Unis, qui ont lancé contre le pays l’opération Epic Fury, et Israël, engagé de son côté dans l’opération Roaring Lion. Les objectifs affichés seraient doubles : affaiblir le régime politico-religieux iranien, dans un contexte de contestation interne, et freiner son programme nucléaire.
Dans ce contexte, l’Iran peut-il encore compter sur ses alliés du « croissant chiite » et au-delà ?

Quels sont les alliés politico-religieux de l’Iran au Moyen-Orient ?

L’islam, religion majoritaire au Moyen-Orient, se divise en deux grandes branches : le sunnisme et le chiisme. Les sunnites représentent environ 80 à 90 % des musulmans dans le monde, contre 10 à 20 % de chiites.

L’Iran constitue une exception : depuis le XVIe siècle, sous l’impulsion du souverain safavide Ismaïl Ier, le chiisme y est devenu religion d’État. Aujourd’hui encore, plus de 90 % de la population iranienne s’en réclame.

Des communautés chiites sont également présentes dans plusieurs pays voisins. En Irak, elles sont majoritaires et occupent une place centrale dans la vie religieuse, notamment autour de villes saintes comme Karbala. En Syrie, bien que la population soit majoritairement sunnite, le pouvoir a longtemps été détenu par la famille Assad, issue de la minorité alaouite, souvent rattachée au chiisme.

Au Liban, enfin, le Hezbollah, fondé en 1982 avec le soutien de l’Iran, est à la fois un parti politique et une organisation armée chiite. Considéré comme une organisation terroriste par plusieurs États, il constitue l’un des principaux relais de l’influence iranienne dans la région.

Ces différents acteurs s’inscrivent dans ce que certains observateurs appellent le « croissant chiite », un terme popularisé en 2004 par le roi Abdallah II de Jordanie pour désigner un arc d’influence reliant l’Iran à la Méditerranée via l’Irak, la Syrie et le Liban. D’autres analystes préfèrent parler d’« axe iranien ».

Comment l’Iran a construit son réseau d’alliances.

Depuis plusieurs décennies, les conflits régionaux ont offert à l’Iran des opportunités d’étendre son influence. De la guerre Iran-Irak aux conflits en Syrie et contre l’État islamique, Téhéran a progressivement développé des relais politiques et militaires dans la région.

Cette influence passe notamment par le soutien à des groupes armés et à des milices locales. La création du Hezbollah au Liban en 1982 marque une étape clé dans cette stratégie. En Irak, l’Iran a également soutenu différents groupes, dont certains issus du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak.

Selon plusieurs analystes, cette politique a permis à l’Iran de mettre en place un « corridor » stratégique reliant son territoire à la Méditerranée, facilitant la circulation d’armes, de combattants et de ressources. En Syrie, le soutien militaire au régime de Bachar al-Assad a longtemps été un pilier de cette stratégie.

Un réseau d’alliances fragilisé ?

Ces dernières années, cet ensemble d’alliances semble toutefois s’être fragilisé.

La situation en Syrie a profondément évolué, remettant en cause l’influence iranienne dans le pays. Parallèlement, le Hezbollah a été affaibli par la perte de son leader historique, Hassan Nasrallah, tandis que certaines milices alliées à l’Iran gagnent en autonomie.

Plusieurs spécialistes estiment ainsi que le « croissant chiite » est aujourd’hui moins structuré qu’auparavant, voire partiellement remis en cause.

Des alliés internationaux prudents

En dehors du Moyen-Orient, l’Iran entretient des relations avec des puissances comme la Russie et la Chine.

Moscou, engagé dans le conflit en Ukraine, dispose toutefois de marges de manœuvre limitées pour soutenir directement Téhéran. Pékin, de son côté, privilégie traditionnellement une politique de non-ingérence et reste prudent sur le plan militaire.

Dans ce contexte, l’Iran apparaît aujourd’hui plus isolé qu’auparavant, même s’il conserve certains relais d’influence régionaux. L’évolution du conflit dépendra en grande partie de la solidité de ces alliances et de la capacité de Téhéran à les maintenir.

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