Les arguments techniques avancés par l’état-major ukrainien
Face à ces graves incriminations, les Forces de défense du sud de l’Ukraine ont présenté plusieurs arguments logistiques pour démontrer leur innocence. L’armée ukrainienne affirme ne pas disposer de drones filaires dotés d’un rayon d’action suffisant pour atteindre une telle distance. De plus, Kiev rappelle que le dispositif russe intègre des rideaux de fumée opaques rendant impossible toute approche aérienne furtive vers la centrale nucléaire.
« Les militaires ukrainiens agissent strictement dans le cadre du droit international humanitaire et sont pleinement conscients des conséquences de toute action visant des installations nucléaires », a déclaré l’armée ukrainienne dans un communiqué officiel.
Le commandement ukrainien a également souligné l’absence totale de combats actifs dans ce secteur spécifique de la ligne de front au moment des faits allégués. Capturée par les troupes russes au début de l’invasion, cette centrale nucléaire demeure au cœur d’un affrontement permanent, augmentant chaque jour le spectre d’un accident technologique de grande ampleur.
Une infrastructure fragilisée par des pannes électriques successives
Cette nouvelle alerte intervient dans une période d’instabilité technique critique pour l’ensemble du site. Moins de vingt-quatre heures avant l’explosion, la centrale nucléaire avait subi sa seizième coupure complète de courant électrique externe. Cet incident grave a forcé le démarrage immédiat de plusieurs générateurs diesel de secours afin d’assurer la survie des systèmes thermiques. Une panne totale des télécommunications avait également isolé les équipes de surveillance pendant douze heures consécutives.
Bien que les six réacteurs de conception soviétique soient actuellement placés en mode d’arrêt à froid, la vigilance reste impérative. Le combustible stocké nécessite un apport permanent en électricité pour faire fonctionner les pompes de circulation d’eau. Une défaillance prolongée provoquerait l’assèchement des bassins et un incendie hautement toxique. Une telle catastrophe diffuserait des particules de Césium-137 sur des milliers de kilomètres, ruinant l’écosystème du fleuve Dnipro.
L’Agence internationale de l’énergie atomique s’efforce de maintenir une présence humaine constante pour surveiller cette centrale nucléaire en péril. Les inspecteurs de la mission ISAMZ font face à d’importantes restrictions de mouvement imposées par les forces russes, qui interdisent l’accès aux toits des réacteurs. L’organisation internationale réclame d’urgence l’établissement d’une zone d’exclusion militaire totale pour préserver l’intégrité de la centrale nucléaire.


