L’offensive massive de SoftBank dans les Hauts-de-France
Le groupe technologique japonais SoftBank se positionne comme le principal contributeur de ce sommet Choose France avec un engagement financier titanesque. La multinationale prévoit d’injecter une première tranche de 45 milliards d’euros afin de construire trois centres de données de nouvelle génération. Ces infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle afficheront une capacité de 3,1 gigawatts et s’implanteront dans la région Hauts-de-France, notamment sur les sites présélectionnés de Dunkerque, Bosquel et Bouchain. Ce déploiement industriel colossal initié par SoftBank pourrait grimper jusqu’à 75 milliards d’euros pour atteindre une puissance globale de 5 gigawatts d’ici à l’horizon 2031. L’investisseur nippon s’appuiera sur des financements de projet hors bilan et collaborera étroitement avec des clients d’envergure mondiale ainsi qu’avec des partenaires comme Schneider Electric pour l’ingénierie des installations. Le succès de cette négociation majeure lors du sommet Choose France démontre l’attractivité de la grille énergétique française face aux besoins colossaux du secteur informatique mondial.
Une diversification vers l’industrie lourde et la santé
Les retombées du sommet Choose France ne se limitent pas au secteur numérique et touchent les filières lourdes traditionnelles. Le secteur de la sidérurgie de pointe s’illustre particulièrement avec le projet d’ArcelorMittal à Dunkerque et Mardyck, qui prévoit l’installation de fours à arc électrique alimentés par le réseau décarboné d’EDF. De plus, le constructeur allemand Liebherr va étendre ses capacités de production d’engins de chantier en Alsace, sur ses sites de Colmar et Nambsheim. Le domaine de la santé bénéficie également de cette dynamique avec des financements étrangers alloués à la relocalisation de sites de fabrication de principes actifs et de vaccins essentiels pour sécuriser les approvisionnements européens. D’autres projets majeurs validés au sommet Choose France concernent la fabrication de puces électroniques, l’aérospatial ainsi que la mise en place de nouvelles plateformes logistiques régionales par le géant Amazon dans les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine et l’Île-de-France.

Le paradoxe de l’automatisation face à l’emploi stable
Malgré l’ampleur inédite des capitaux injectés via le sommet Choose France, le volume d’emplois générés reste proportionnellement inférieur aux éditions passées. Les analyses comptables montrent que le montant moyen investi par poste créé est passé de 1,6 million d’euros en 2023 à près de 5,9 millions d’euros cette année. Cette évolution s’explique par la nature hautement automatisée des usines de semi-conducteurs et des centres de calcul qui requièrent un matériel technologique extrêmement onéreux mais peu de main-d’œuvre permanente pour fonctionner. Par ailleurs, des débats environnementaux émergent dans le nord du pays concernant les besoins considérables en eau douce nécessaires au refroidissement des serveurs informatiques. Le gouvernement compense ces défis par les dispositifs du plan France 2030, qui octroie jusqu’à 30 % de crédit d’impôt vert, et par le guichet unique France Foncier + qui accélère la délivrance des permis industriels. Les multinationales profitent de ces avantages pour valider leurs projets durant le sommet Choose France.
Le PDG de SoftBank, Masayoshi Son, a résumé l’ambition globale entourant ces technologies en déclarant : « L’investissement dans les centres de données d’IA s’élève à 75 milliards d’euros, mais si nous incluons les puces et les systèmes, nous approcherons les 750 milliards de dollars. »
Chaque flux de capital enregistré lors du sommet Choose France démontre la volonté de l’État de combler le fossé technologique européen face aux États-Unis et à la Chine.
Un défi humain et géopolitique majeur
Cette course aux infrastructures numériques marque un tournant géopolitique majeur pour l’Europe, qui tente désespérément de s’émanciper des géants américains et chinois. En transformant son vieux modèle énergétique nucléaire en un atout technologique de premier plan, Paris ne cherche pas seulement à attirer des capitaux, mais à poser les bases d’une souveraineté computationnelle européenne. Toutefois, ce virage ultra-automatisé redessine profondément notre économie. Le défi de demain ne résidera plus dans la création d’emplois de masse, mais dans la gestion locale des ressources naturelles indispensables à ces machines et dans la formation accélérée d’une main-d’œuvre ultra-spécialisée, sous peine de voir ces investissements records déconnectés des réalités citoyennes.


