Une offensive sur le segment des voitures compactes
Les futurs modèles assemblés grâce à ce financement cibleront le segment C européen, particulièrement populaire auprès des acheteurs de l’Hexagone. Le projet prévoit le développement de berlines compactes et de SUV destinés à remplacer les actuelles Peugeot 308 et 408. Ce créneau représente actuellement environ 30 % de l’ensemble des ventes automobiles sur le marché européen.
Ces futurs véhicules utiliseront la toute nouvelle plateforme STLA One développée pour optimiser les processus de fabrication. Cette architecture industrielle standardisée permettra de réduire les coûts de production de l’ordre de 20 %. Grâce à cette flexibilité technique, les lignes de montage pourront basculer rapidement entre la production de versions hybrides et de modèles 100 % électriques. Pour faire face à la baisse de la demande, la direction de Stellantis a choisi de concentrer ses ressources sur quatre de ses quatorze marques globales. Cette restructuration s’accompagne d’une réduction de de sa capacité de production sur le continent européen. Le site alsacien bénéficie néanmoins d’une protection majeure qui sécurise l’avenir de ses salariés.
Enjeux politiques et souveraineté industrielle
Ce projet industriel s’inscrit directement dans la feuille de route de décarbonation fixée par les autorités politiques en France. Le gouvernement ambitionne d’atteindre un objectif de deux tiers de véhicules électriques parmi les ventes de voitures neuves d’ici la fin de la décennie. La décision de relocaliser permet également de contourner les taxes douanières de l’Union européenne sur les importations chinoises.
« L’entreprise avait surestimé la demande de véhicules électriques », a admis Antonio Filosa, PDG de Stellantis, suite à une dépréciation d’actifs de 22 milliards d’euros.
Cet effort financier s’accompagne de partenariats accrus avec des acteurs asiatiques pour consolider la position commerciale du groupe en Europe. Un accord de coentreprise a notamment été signé avec le constructeur Dongfeng pour encadrer les activités d’ingénierie et de ventes. Ce plan très stratégique garantit le maintien de l’activité pour tous les employés de l’usine de Mulhouse qui fonctionnait jusqu’à présent en sous-capacité chronique et assez difficile.


