WASHINGTON, 12 juin (Le Parisien Matin) – Les contours d’un projet de mémorandum visant à mettre fin au conflit dans le Golfe suscitent une vive controverse. Des sources occidentales, pakistanaises et iraniennes ont dévoilé des détails suggérant que le texte privilégie largement les intérêts de l’Iran, provoquant une réaction immédiate du président Donald Trump.
Le chef de l’État américain a qualifié ces informations d’inexactes, affirmant que les points diffusés dans les médias ne correspondent pas à l’accord écrit.
Des concessions contestées
Les versions du document examinées par divers observateurs indiquent que Washington pourrait débloquer des milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés et lever les sanctions sur les exportations de pétrole. En échange, l’Iran s’engagerait à lever son blocus sur le détroit d’Ormuz. Le texte semble toutefois écarter les exigences américaines initiales concernant le programme nucléaire iranien, reportant ces discussions à une période ultérieure de soixante jours.
Le projet inclut également l’ouverture de débats sur des réparations de guerre potentiellement colossales pour Téhéran, ainsi que l’abandon des pressions sur le programme de missiles iranien. Cette orientation marque un changement significatif par rapport aux positions antérieures de Washington, qui exigeait auparavant le démantèlement des stocks d’uranium hautement enrichi. Selon les sources consultées, aucune mention de ces stocks n’apparaît dans les versions actuelles du mémorandum.
Une signature potentielle imminente
Le processus de négociation reste complexe, plusieurs points de blocage subsistant, notamment sur la cessation des hostilités au Liban. L’Iran exige l’arrêt des opérations israéliennes contre ses alliés du Hezbollah, un sujet qui divise les partenaires de la coalition. Malgré ces zones d’ombre, une source occidentale indique qu’un accord pourrait être paraphé dès dimanche par le vice-président américain JD Vance et le président du parlement iranien, Mohammed Baqer Qalibaf. Genève est actuellement pressenti comme le lieu probable pour cette signature officielle.

La mise à l’écart d’Israël
La position d’Israël, pourtant co-belligérant dans ce conflit, complique davantage la donne diplomatique. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publiquement déclaré que son pays ne serait pas partie prenante au mémorandum. Des tensions répétées ont éclaté entre Netanyahu et Trump ces dernières semaines, le président américain ayant pressé Israël de réduire ses actions militaires au Liban pour faciliter les pourparlers avec Téhéran.
Répercussions économiques et politiques
Cette annonce intervient dans un contexte de forte volatilité sur les marchés mondiaux. La perspective d’un règlement a provoqué une embellie des indices boursiers, tandis que les prix du pétrole ont reculé, le Brent enregistrant une baisse de plus de 3 % pour atteindre son niveau le plus bas en deux mois. Pour le gouvernement américain, la conclusion rapide d’un traité est une priorité politique pressante, alors que la hausse des prix du carburant pénalise la cote de popularité du président à l’approche des élections de mi-mandat.
« Les termes que l’Iran a fait fuiter dans la fausse presse n’ont RIEN à voir avec les conditions qui ont été convenues, par écrit », a déclaré Donald Trump sur les réseaux sociaux.
La situation demeure volatile autour du détroit d’Ormuz. Les forces américaines ont rapporté avoir abattu deux drones iraniens qui tentaient de viser des navires commerciaux. Parallèlement, les autorités iraniennes ont intercepté un pétrolier, soulignant la fragilité de la trêve actuelle. Malgré ces incidents, Trump a confirmé que la réouverture du détroit constituerait une priorité dès la signature du texte.


