WASHINGTON, 16 juin (Le Parisien Matin) – Les États-Unis autoriseront l’Iran à reprendre immédiatement la vente de son pétrole et de son carburant dès la signature du protocole d’accord visant à mettre fin au conflit. Cette décision, confirmée par un haut responsable américain ce mardi, marque une étape majeure dans la normalisation des relations énergétiques entre les deux pays.
La levée des sanctions sur les exportations pétrolières entrera en vigueur dès la signature prévue cette semaine, incluant également les services de transport, d’assurance et les opérations bancaires nécessaires pour faciliter ces transactions commerciales.
Un cadre basé sur la performance
Le protocole d’accord repose sur des conditions strictes et un suivi régulier des engagements pris par Téhéran. Les avantages économiques octroyés sont directement liés au respect scrupuleux des clauses nucléaires et sécuritaires inscrites dans le document final. Le responsable américain a précisé la nature conditionnelle de cet allègement des sanctions en soulignant la nécessité d’une conformité totale sur des points critiques.
« Il s’agit d’un accord basé sur la performance, et l’Iran ne peut accéder aux avantages du protocole que s’il respecte tous les points convenus, y compris l’absence d’armes nucléaires, la neutralisation de ses matières enrichies et la non-interférence avec la libre circulation de la navigation dans le détroit d’Ormuz », a déclaré cette source sous couvert d’anonymat.
Impact sur les réserves et le marché
La levée des restrictions permet à l’Iran de libérer des stocks considérables accumulés pendant la période de blocus. Selon les estimations, le pays dispose de plus de 100 millions de barils de pétrole en stockage ou sur des pétroliers, dont 60 millions sont déjà positionnés en dehors de la zone de blocage navale américaine. Cette soudaine injection de ressources sur le marché mondial a déjà provoqué une réaction sur les cours, le prix du baril reculant à 80 dollars pour la première fois depuis le début du mois de mars.

La fin du blocage maritime
Le blocus naval imposé par les États-Unis sur les ports iraniens a été levé en prévision de la signature officielle, permettant aux pétroliers iraniens de reprendre leurs activités dans le nord de l’océan Indien. Ce déblocage est crucial pour le commerce mondial, étant donné que le détroit d’Ormuz est un point de passage stratégique par lequel transite normalement environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. La reprise des expéditions par la flotte iranienne, incluant les navires précédemment placés sur liste noire, facilite désormais un accès légal aux ports internationaux.
Un processus de paix gradué
L’accord, négocié avec la médiation du Pakistan et du Qatar, doit être formellement signé ce vendredi au complexe hôtelier du Bürgenstock, près de Lucerne en Suisse. Le président américain Donald Trump a indiqué que cette étape ouvrirait la voie à une seconde phase de négociations visant à aboutir à un traité de paix durable. Le texte définitif sera également soumis à l’examen du Congrès américain. Malgré le soulagement économique apporté à Téhéran, le protocole suscite déjà des débats politiques aux États-Unis et des tensions diplomatiques, notamment avec Israël, qui n’est pas signataire du texte. La levée des sanctions, initialement rétablies en 2018, s’inscrit dans un calendrier progressif convenu entre les parties pour garantir la fin des hostilités.


