MOSCOU, 16 juin (Le Parisien Matin) – Le ministère russe de la Défense a annoncé ce mardi qu’une frégate de sa flotte a effectué des tirs de semonce pour détourner un yacht civil battant pavillon britannique. L’incident s’est déroulé en Manche, dans les eaux internationales, à environ 20 milles marins au sud de l’île de Wight. Le bâtiment russe, la frégate Amiral Grigorovich, a ouvert le feu après avoir constaté que le navire civil adoptait une trajectoire jugée dangereuse.
L’équipage du navire de guerre a précisé avoir tenté, sans succès, d’établir un contact radio avec le navire baptisé Bright Future. Face à l’absence de réponse, des signaux sonores et des fusées éclairantes ont d’abord été utilisés avant que les tirs de sommation ne soient tirés à environ 450 mètres de distance. Selon les autorités russes, le yacht a immédiatement modifié son cap pour s’éloigner de la zone après cette intervention musclée.
Le ministère britannique de la Défense a confirmé enquêter sur cet événement survenu au sein de la zone économique exclusive du Royaume-Uni. Un patrouilleur de la Royal Navy, le HMS Tyne, a été dépêché sur place pour vérifier l’état de l’équipage du yacht et recueillir des témoignages, tandis que le HMS Mersey continue de surveiller les mouvements de la frégate russe. Aucune blessure ni dommage matériel n’a été rapporté à la suite de cette confrontation.
Le ministère russe a justifié son action par la nécessité de prévenir un risque de collision imminent en haute mer.
Cet incident intervient dans un climat de tension diplomatique accrue entre Londres et Moscou. Il survient seulement deux jours après l’interception, par des commandos des Royal Marines, d’un pétrolier russe soupçonné de contourner les sanctions internationales dans la même zone maritime. La présence de l’Amiral Grigorovich en Atlantique et en Manche est le résultat direct de la fermeture du détroit du Bosphore aux navires militaires par la Turquie depuis 2022. Cette frégate, habituellement rattachée à la flotte de la mer Noire, opère désormais depuis la base navale syrienne de Tartous, l’obligeant à maintenir une présence prolongée dans les eaux européennes.
Les autorités des deux pays cherchent désormais à déterminer si cet épisode constitue une simple erreur de navigation ou une démonstration de force délibérée. Les opérations de surveillance se poursuivent en Manche pour garantir la sécurité du trafic maritime civil dans ce corridor particulièrement fréquenté.


