PARIS, 22 juin (Le Parisien Matin) – Suite à l’annonce de sa démission le 22 juin 2026, le Premier ministre britannique sortant Keir Starmer a reçu des témoignages de sympathie marqués de la part de ses homologues européens.
Malgré des taux d’approbation en chute libre au Royaume-Uni, les dirigeants de l’Union européenne ont tenu à saluer le travail de celui qui avait entrepris de normaliser les relations diplomatiques après les turbulences liées au Brexit.
Un rapprochement diplomatique salué
Depuis son arrivée au pouvoir en 2024, Keir Starmer s’était distingué par une approche jugée plus constructive que celle de ses prédécesseurs conservateurs. Bien qu’il ait écarté toute perspective de réintégration du Royaume-Uni au sein des vingt-sept, ses efforts pour apaiser les tensions après des années de rupture ont été reconnus par les institutions européennes.
Cette volonté de dialogue a été particulièrement soulignée par la présidence irlandaise. Le Premier ministre Micheál Martin a officiellement exprimé sa reconnaissance concernant la nouvelle dynamique instaurée entre Dublin et Londres, ainsi que pour le travail accompli afin de fluidifier les échanges entre le territoire britannique et l’Union européenne durant ces deux années de mandat.
Au-delà des relations bilatérales, c’est l’engagement indéfectible du gouvernement britannique en faveur de l’Ukraine qui a le plus marqué ses partenaires régionaux. Starmer a maintenu le rôle central de Londres au sein du groupe E3, travaillant en étroite collaboration avec le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz pour coordonner le soutien militaire et diplomatique à Kiev.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rendu un hommage appuyé au dirigeant sortant sur les réseaux sociaux. Elle a notamment déclaré :
« Il peut falloir des années à de nombreux dirigeants pour devenir l’homme d’État que vous êtes devenu en seulement deux ans. La sécurité européenne et ukrainienne est plus forte grâce à vous. Merci, cher Keir. »
Un contraste avec les réactions mondiales
Si l’Europe a choisi de mettre en avant la fiabilité du Premier ministre, les réactions internationales ont été nettement plus contrastées. Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, a tenu à remercier personnellement le dirigeant pour son engagement constant, qualifiant leurs échanges de véritables moments de substance politique. À Berlin, un porte-parole du gouvernement a rappelé le statut de partenaire proche et fiable de Starmer, bien que le chancelier Friedrich Merz soit resté silencieux, empêtré dans ses propres difficultés de popularité interne.
À l’opposé, Washington a manifesté une certaine distance. Le président américain Donald Trump a critiqué ouvertement le bilan du Premier ministre, l’accusant d’échecs majeurs sur les dossiers de l’immigration et de l’énergie. De son côté, Moscou a cherché à tirer profit de cette transition. Un envoyé spécial du président Vladimir Poutine a revendiqué une forme de succès russe dans ce départ, affirmant que les politiques menées par Starmer en matière de sécurité et d’économie avaient été largement discréditées.
Alors que le Parti travailliste entame un processus interne pour désigner son successeur, Keir Starmer assurera l’intérim aux affaires courantes. Son départ clôt une séquence politique intense, marquée par des difficultés électorales internes croissantes, mais tempérée par une reconnaissance diplomatique solide sur la scène continentale. Le Royaume-Uni se prépare désormais à accueillir son septième chef de gouvernement en une décennie, un chiffre illustrant la volatilité politique qui traverse le pays depuis le référendum sur le Brexit.


