BERLIN, 24 juin (Le Parisien Matin) – Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment accueilli les dirigeants du format E5 pour affirmer la fermeté du soutien européen à l’Ukraine.
Ce rassemblement des cinq puissances militaires majeures du continent vise à démontrer que l’Europe est capable de prendre ses responsabilités en matière de défense.
Les participants ont insisté sur la nécessité d’une réponse coordonnée face à l’intensification des attaques russes par drones.
La rencontre a réuni le Premier ministre britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre polonais Donald Tusk et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni. Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, s’est joint aux discussions par liaison vidéo. À seulement deux semaines du sommet de l’OTAN à Ankara, cette réunion constitue un test décisif pour ce format émergent, conçu pour harmoniser les positions des alliés européens.
La volonté affichée est claire : signaler à Washington que l’Europe entend assumer une part plus importante de la charge sécuritaire. Les débats ont permis d’écarter certaines tensions diplomatiques antérieures. Le Premier ministre polonais a d’ailleurs souligné la qualité des échanges en déclarant :
« Starmer a fait oublier le Brexit, du moins temporairement. »
À l’issue de la conférence de presse, le chancelier allemand a détaillé les messages clés validés par le groupe E5. Les leaders réitèrent leur soutien indéfectible à une alliance atlantique unie et modernisée. L’Allemagne a notamment réaffirmé son objectif d’atteindre 3,5 % de son PIB en dépenses de défense d’ici 2029, tout en plaidant pour une approche collective plutôt que par des initiatives nationales isolées.
Le renforcement de la coopération en matière de défense aérienne est devenu une priorité absolue. Berlin souhaite que ses voisins se sentent plus en sécurité au fur et à mesure que le pays consolide ses capacités militaires tout en restant fermement ancré au sein de l’OTAN. Les dirigeants ont également salué l’accord-cadre conclu entre les États-Unis et l’Iran, perçu comme un facteur de stabilisation économique globale.
Les discussions ont également porté sur la nécessité de maintenir une pression économique constante sur la Russie. Pour les leaders du E5, le soutien à Kiev sera le sujet central du prochain sommet d’Ankara. La question de l’inclusion des pays de la ligne de front, tels que la Pologne et les États baltes, a été posée comme une condition sine qua non de la réussite des efforts européens.
Les travaux techniques se sont concentrés sur l’accélération de la production de munitions et de systèmes de défense, incluant la fabrication locale de drones avancés. L’objectif est de lever les obstacles bureaucratiques qui freinent encore l’interopérabilité des équipements entre les nations partenaires. Par ce format élargi, les leaders cherchent à combler les lacunes entre les visions nationales pour présenter un front consolidé lors des prochaines négociations internationales.


