MOSCOU, 28 juin (Le Parisien Matin) – Le président russe Vladimir Poutine a reconnu ce dimanche l’existence de graves problèmes d’approvisionnement en carburant à travers plusieurs régions du pays. Face à la multiplication des files d’attente dans les stations-service, le Kremlin a décidé d’activer une cellule de logistique dédiée pour garantir la distribution des produits pétroliers.
Cette situation critique fait suite aux attaques répétées de drones ukrainiens ciblant des infrastructures pétrolières stratégiques. Selon les estimations, ces frappes ont neutralisé entre 20 % et 25 % de la capacité de raffinage du pays. Le gouvernement tente désormais de minimiser l’impact de ces incidents sur l’économie civile et le secteur agricole, vital pour les récoltes saisonnières.
Pour compenser les pertes de production, les autorités russes ont ordonné une réduction des périodes de maintenance technique dans les raffineries. L’objectif est de maximiser le rendement immédiat pour pallier les déficits. En parallèle, une interdiction d’exportation de l’essence et du carburéacteur est déjà en vigueur, tandis que le Kremlin envisage désormais un blocage total des ventes de diesel à l’étranger pour protéger les consommateurs domestiques.
La pression sur le marché intérieur est telle que la Russie a dû puiser dans ses réserves stratégiques, qui s’élèvent actuellement à environ 1,7 million de tonnes métriques. Le pays a également été contraint d’importer massivement du carburant depuis la Biélorussie, marquant un renversement majeur pour le premier exportateur mondial historique. Malgré ces efforts, les tensions sur les prix et la logistique persistent, forçant plus de cinquante régions russes à instaurer des limites de rationnement à la pompe.
Vladimir Poutine a insisté sur la nécessité de préserver les activités agro-industrielles pour éviter un effondrement de la production alimentaire. Lors d’une réunion avec de hauts responsables, il a déclaré :
« Vous êtes bien conscients que les problèmes pour les conducteurs et pour les entreprises persistent, et malheureusement, il y a toujours des files d’attente dans les stations-service. »
Le vice-Premier ministre Alexander Novak a été chargé de coordonner ces interventions, bien que des divergences subsistent au sein de l’exécutif sur l’opportunité d’une interdiction totale des exportations de diesel. La cellule de crise travaille désormais en continu pour fluidifier les routes logistiques, notamment vers les aéroports et les zones agricoles, afin de maintenir les chaînes d’approvisionnement en état de fonctionnement malgré le contexte sécuritaire dégradé.


